DÉCRYPTAGE

Deux jours complets, plus huit heures. Autrement dit, pas moins d’un tiers du temps de la semaine est consacré, pour les Français, à la navigation sur internet, qu’il s’agisse du smartphone, de la tablette, d’un ordinateur portable ou de bureau. C’est le résultat d’une étude publiée récemment par le fournisseur de réseau NordVPN, qui a ausculté les habitudes en ligne des habitants de différents pays européens. Il s’agit d’une hausse exponentielle, car nous passions moins de 16 heures par semaine sur internet il y a deux ans, selon Mediamétrie. Un boom notamment dû à la pandémie de Covid-19 et aux confinements, mais qui traduit une place de plus en plus grande dans nos vies.

« Faire attention à mon empreinte carbone »

Allumer son smartphone dès le réveil pour envoyer quelques messages sur les réseaux sociaux ou écouter de la musique, surfer sur Internet sans voir le temps défiler. C’est devenu le quotidien de Jules, 18 ans. « Je passe à peu près en moyenne une heure à une heure et demie sur Instagram par jour », confie le jeune homme. « Quand tu rajoutes le temps que tu passes devant sur ton ordi, quand t’es en cours, tu te retrouves forcément parfois, à 10 heures par jour. »

 

Sauf que derrière chacun de ces clics, il y a des serveurs qui stockent les données numériques et consomment de l’énergie, le visionnage de vidéos en ligne sur des plateformes comme Netflix, par exemple, émet 300 mégatonnes de CO2 en un an. C’est autant qu’un pays grand comme l’Espagne. « Je suis complètement conscient que ça a un gros impact sur mon empreinte carbone et j’essaie quand même de faire attention », assure Jules. « Ça m’arrive par moments de lancer des vidéos sur Netflix, un peu par réflexe, et de me dire qu’en fait, je n’en ai pas vraiment besoin et l’éteindre. Si je veux voir un film et que je l’ai déjà en DVD, je vais plutôt de lancer en DVD que sur Netflix. »

Une pollution supérieure à celle de l’aviation

Chaque année, la part du numérique dans le total des émissions de CO2 augmente. « L’industrie du numérique émet des gaz à effet de serre, à peu près à hauteur de 3,5%, ce qui représente une part significative de l’empreinte globale puisque, à titre de comparaison, l’aviation hors période Covid, c’est 2% », précise Laurie Marrauld, co-autrice d’un rapport sur ce sujet. Cette tendance est difficile à ralentir, d’autant que cette pollution n’est pas palpable pour les internautes. Les données numériques sont invisibles, inodores. Compliqué, donc, d’en imaginer tous les dommages collatéraux.



Source [ Europe 1 ]