Europe 1

Alors que le milliardaire britannique Richard Branson s’envole pour l’espace ce dimanche, l’astronaute Jean-François Clervoy a salué sur Europe 1 une initiative qui fait progresser la recherche en aéronautique. Selon lui, le tourisme spatial représente un véritable marché.

INTERVIEW

Le milliardaire Richard Branson donne dimanche le coup d’envoi du tourisme spatial. L’entrepreneur britannique va s’envoler à bord de son VSS Unity pour atteindre la frontière entre l’atmosphère terrestre et l’espace. Il devrait être imité prochainement par Jeff Bezos, le patron d’Amazon. « Ce sont des aventuriers qui veulent faire progresser l’aéronautique », salue au micro d’Europe Matin l’astronaute français Jean-François Clervoy, qui a réalisé trois vols dans l’espace pour le compte de la Nasa. « Leurs technologies réduisent les coûts, ce qui permet aux agences spatiales de réduire la part du contribuable dans ces missions », pointe-t-il.

« Voir le ciel noir en plein jour, la rotondité de la terre et rester en apesanteur quelques minutes »

Richard Branson va réaliser ce dimanche « la partie initiale d’un lancement en fusée, qui nous place en orbite, sauf que dans ce cas-là, il n’y a pas la vitesse horizontale de 28.000 k/h », explique Jean-François Clervoy. « Là, c’est juste assez d’élan pour atteindre l’espace, c’est-à-dire voir le ciel noir en plein jour, la rotondité de la terre et rester en apesanteur quelques minutes. » Un spectacle dont on revient « absolument émerveillé », assure-t-il.

Notre invité tient toutefois à différencier l’aventure de Richard Branson de celle initiée par Elon Musk avec sa société SpaceX. « Il n’y a rien de comparable en aéronautique entre le vol suborbital du VSS Unity et des vols orbitaux réalisés par le Crew dragon de SpaceX, car la débauche d’énergie pour mettre un vaisseau en orbite terrestre est 100 fois plus élevé », note-t-il. « Ils ne jouent pas du tout dans la même cour. »

 

 

Un business rentable ?

Pour l’heure, le prix d’un aller-retour aux portes de l’espace est estimé à 250.000 dollars. « Il y a des personnes qui ont tellement d’argent que 250.000 dollars c’est insignifiant », remarque notre invité. « Une étude a montré qu’au niveau mondial il y avait un marché pour qu’à terme ces entrepreneurs retrouvent leur investissement initial. »



Source [ Europe 1 ]