La pandémie a ravivé les débats sur les inégalités professionnelles. Parmi ces disparités, le sujet des salaires est au centre des préoccupations au moment où l’économie française repart vivement et où le gouvernement ne cesse d’affirmer que « la croissance doit profiter à tous ».  Après 18 mois de crise sanitaire, beaucoup de travailleurs ont permis à l’activité tricolore de continuer malgré les risques. Les conditions de travail des salariés de la seconde ligne particulièrement exposés aux menaces de contamination ont fait l’objet de vives discussions au ministère du Travail au printemps dernier. Dans ce contexte, la dernière livraison de l’Insee dévoilée vendredi 10 septembre met en évidence l’écart béant entre le sommet et le bas de la pyramide des catégories professionnelles .D’après l’organisme de statistiques, le salaire horaire des cadres (29) euros est 2,2 fois supérieur que celui des employés (13 euros) ou celui des ouvriers (13,8 euros). S’agissant des catégories intermédiaires, le salaire horaire s’établit à 18 euros. Sans surprise, les statisticiens rappellent que le diplôme joue un rôle très important pour expliquer de tels écarts. « Le salaire horaire moyen des plus diplômés (Bac+5 ou plus) est supérieur de 81 % à celui des salariés de niveau Bac (respectivement 27,7 euros et 15,3 euros) et de 99 % à celui des salariés ayant au plus le brevet des collèges (13,9 euros) » indique l’Insee. Ce panorama indique également que la rémunération annuelle brute dans le privé était de 37.000 euros en prenant en compte les primes, les heures supplémentaires et l’épargne salariale.

Des écarts importants entre les secteurs

En moyenne, le salaire horaire brut en France s’élève à 18 euros. Derrière ce chiffre, il existe de fortes disparités entre les secteurs. Parmi les domaines les plus rémunérateurs, arrivent en premier lieu la finance et l’assurance (25,3 euros). Viennent ensuite l’information-communication (25,1 euros) et les activités techniques et scientifiques (24,2 euros).

A l’opposé, l’hébergement-restauration (13,8 euros) ou encore la santé apparaissent en bas de l’échelle des salaires. Dans leur étude, les économistes de l’Insee ont cherché à neutraliser les effets de certaines variables pour mieux appréhender les disparités. « Le secteur en tant que tel explique peu le salaire horaire et les écarts de salaire moyen entre secteurs sont davantage liés au profil des salariés et des emplois : toutes choses égales par ailleurs, les effets propres de chaque secteur s’atténuent nettement dans la plupart des secteurs » signale l’organisme public.

En Europe, des inégalités salariales particulièrement criantes

Sur le Vieux continent, la dispersion des salaires est particulièrement marquée. En moyenne, le salaire horaire dans l’Union européenne est de 13 euros. Là encore, cette moyenne masque d’importants contrastes entre les Etats européens. Au sommet du podium, figure le Danemark avec un un salaire horaire qui culmine à 27 euros. Viennent ensuite le Luxembourg (19,5 euros) et la Suède (18 euros). A l’autre bout du spectre, apparaissent surtout les pays de l’Europe de l’Est et de l’Europe centrale avec la Bulgarie (2,4 euros), la Roumanie (3,7 euros) et la Lituanie (4,4 euros). Près de quinze ans après leur entrée dans l’Union européenne, ces pays sont loin d’avoir rattrapé leurs voisins de l’Europe occidentale et de l’Europe du Nord. Le fossé au sein de l’Europe risque encore de persister pendant encore longtemps.

En Europe, la spirale inquiétante des écarts de revenus