Benjamin Peter, édité par Margaux Baralon
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Pour acheter un véhicule neuf cette année, mieux vaut s’y prendre à l’avance. Les pénuries des composants électroniques provoquent des retards importants. Et les acheteurs, devant les délais de livraison rallongés, se tournent de plus en plus vers le marché de l’occasion.

REPORTAGE

« Hier, j’ai reçu un client pour un véhicule sept places. Il n’y en a aucun disponible. Si je commande avant ce soir, la livraison est prévue courant décembre. Peut-être pour le jour du père Noël… » Raymond Vié est excédé. Ce concessionnaire Peugeot du centre de Toulouse vit chaque fois la même chose : des clients arrivent, commandent une voiture neuve, puis sont découragés par les délais de livraison. La faute à une pénurie de composants électroniques, qui provoque d’importants retards. 

« Nous on est loin de la Chine, du Japon et de la Corée », poursuit Raymond Vié. « Mais tout vient de là, donc nous sommes tributaires » de ce qui se passe dans ces pays. Les voitures sont bel et bien construites mais « il manque des composants électroniques comme le calculateur, la télécommande… »

Baisse des ventes

La pénurie est telle que le groupe Stellantis a annoncé la prolongation de la fermeture temporaire de son usine de Rennes et d’une ligne de production à Sochaux. La firme Toyota, elle, a dû fermer temporairement 13 sites, dont celui d’Onnaing, dans le Nord. En bout de chaîne, Raymond Vié constate une chute de ses ventes. « On prend des bons de commande, on met les délais de livraison mais [ils] ne sont pas respectés. Nous sommes obligés de rembourser les acomptes. » 

Le concessionnaire anticipe une baisse globale des ventes de 30% environ. « C’est colossal », se lamente-t-il. Car beaucoup de clients pressés se tournent vers des modèles moins demandés, parfois moins appréciés mais disponibles immédiatement. Ou vers le marché de l’occasion, qui se porte bien mais pourrait lui aussi rapidement être dépassé par la demande.



Source Europe 1