Une voiture autonome développée par Google, le 13 mai 2014 à Mountain View.

Vos objets auront-ils bientôt leur propre carte d’identité ? L’hypothèse n’est pas si loufoque qu’on le pense, elle est même déjà réalité. « Nous menons actuellement des expérimentations aux Etats-Unis pour vérifier l’identité des drones et de leurs pilotes. L’identité de la personne est vérifiée lorsqu’elle dépose son plan de vol auprès de l’aviation civile. Pour le drone, la vérification consiste à interroger le certificat d’identité de l’appareil, contenu dans une puce embarquée. En fait, le principe d’identification est le même pour une personne ou pour un objet », explique Philippe Vallée, vice-président identité et sécurité numérique chez Thales.

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Cette activité est loin d’être anecdotique. Des millions de voitures connectées en circulation intègrent déjà de nombreuses cartes SIM qui se connectent à des services de télémaintenance, d’appels d’urgence, de téléchargement, etc. Il faut que le service puisse authentifier le véhicule qui se connecte pour l’identifier, le localiser ou vérifier ses droits d’accès. Cette authentification fonctionne sur la réciprocité, c’est-à-dire que la voiture doit, elle aussi, pouvoir vérifier que le service auquel elle se connecte et qui va télécharger une nouvelle version du logiciel, par exemple, est bien autorisé à se connecter. « Imaginez ce qu’il se passerait si un logiciel malveillant prenait le contrôle de votre voiture à 130 km/h sur l’autoroute… »

Hologramme ou paillettes

Outre les drones et les voitures, des milliards d’objets connectés doivent ou vont devoir être authentifiés par un identifiant numérique. Le principal moyen d’authentification des objets est le certificat numérique intégré à l’objet en question. Il peut s’agir de serveurs informatiques dans un datacenter, de caméras de surveillance, d’appareils de monitoring dans un service hospitalier, de thermostats, etc.

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« L’authentification pourrait aussi se faire à l’aide d’un marquage par hologramme ou par paillettes, pour des pièces détachées particulièrement critiques ou pour des grands crus, illustre Franck Guigan, fondateur de la société Optic ID. Dans ce cas, une application sur smartphone détecterait si la pièce ou la bouteille est bien qui elle prétend. »



Source [ Le monde ]