Méfiez-vous des tests de performance des SSD ! Mais ne vous méfiez pas des mesures de nos confrères ou des utilisateurs : faites attention aux numéros de série des disques testés. Western Digital et Samsung viennent en effet d’être épinglés pour continuer de vendre des produits sous la même appellation, mais avec des composants moins performants.

Évidemment, il ne s’agit pas de produits exotiques, mais de produits à succès : le Western Digital Blue SN550 et le Samsung EVO 970 Plus. Deux produits loués pour leurs bons rapports qualité/performance/prix… jusqu’à aujourd’hui. Les deux produits sont en effet victimes à la fois de leur succès et de la pénurie de semi-conducteurs (et de matières premières en général).

Dans le cas du premier, le Blue SN550, la baisse de la performance provient du passage d’un type de mémoire NAND à trois bits par cellule (TLC) à une mémoire plus lente à quatre bits de données par cellule (QLC). Côté Samsung, il s’agit d’un changement de composant – le contrôleur – qui fait baisser les performances de manière importante.

Il faut d’abord comprendre, grossièrement, comment un disque SSD fonctionne et de quoi il est composé. Le centre de contrôle est une puce appelée contrôleur, qui gère la distribution des données en temps réel (où trouver quoi, où copier quoi). Loin d’être une banalité, un bon contrôleur (qui est un vrai microprocesseur entièrement tourné vers la gestion du stockage) peut aussi bien faire la différence en matière de vitesse de lecture/écriture, qu’en matière de longévité du disque (varier le plus possible les emplacements d’écriture afin de ne pas « fatiguer » les cellules prématurément, etc.).

Côté stockage, on retrouve souvent deux types de mémoire. Une mémoire très rapidement, mais limitée en quantité qui fait office de mémoire cache (généralement de la SLC) ainsi qu’un autre de type NAND, généralement de type TLC ou QLC, plus lente et moins endurante, dans laquelle les données sont réellement stockées.

Quand vous faite une copie d’un fichier de 4Go de votre disque SSD A vers un disque SSD B, le premier disque lit très rapidement les informations et les envoie au disque B. Ces données arrivent dans la mémoire très rapide qui absorbe très vite ces données – vitesse de pointe du SSD – et les déverse plus lentement dans la mémoire NAND. En clair : quand la copie vous apparaît comme « terminée », dans de nombreux cas, c’est uniquement le passage d’un disque à l’autre qui est fini. Dans les faits, il faut encore quelques secondes pour que la mémoire cache du SSD déplace les informations sur la mémoire NAND de stockage.

Dans le cas d’un SSD ayant 4 Go de mémoire cache, la copie d’un fichier de 4 Go sera donc ultra véloce. Mais dans le cas où vous copiez un fichier de 20 Go, une fois la mémoire cache remplie, la vitesse de copie va s’abaisser à la vitesse d’écriture maximale de la NAND qui est bien souvent deux à trois fois plus lente que la mémoire cache – bon, ça reste toujours bien plus rapide que les disques mécaniques à plateaux.

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Si les constructeurs peuvent tout à fait changer des composants dès lors que performances sont similaires, ici les changements sont au détriment des gros utilisateurs – ceux qui copient/effacent beaucoup de gros fichiers, comme les photographes et les vidéastes. Le problème vient aussi du fait que les modifications ont été effectuées en douce sur des séries très connues, dont de nombreux tests réalisés par le passé vantent les qualités.

Désormais, il ne faut plus uniquement se méfier des imitations, mais aussi des changements de révision matérielle. Une tâche quasi impossible, puisque les modifications sont réalisées à la « discrétion » des marques. D’autant que ces altérations n’induisent pas de différence chez les marchands entre les versions « originales » et mises à jour, même en lisant les informations sur la boîte. Vivement que les associations de consommateurs se penchent sur ce problème.

Sources : ArsTechnica 1, 2



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