Le Barça et le Bayern se retrouvent en Ligue des champions ce mardi, 395 jours après le fameux 8-2 infligé par les Bavarois aux Catalans.

Un cauchemar à ne surtout pas revivre. C’est sûrement ce qu’espèrent les joueurs du FC Barcelone présents le 14 août 2020 avant de retrouver le Bayern ce mardi. Un match qui résonne encore dans toutes les têtes. 8-2 pour le Bayern, un Barça amorphe représenté à merveille par Arturo Vidal complètement exténué et dépassé sur le spot publicitaire. Un Bayern triomphant, un Barça qui ne cesse de régresser qui illustrent les trajectoires opposées de deux monuments du football européen.

Le FC Barcelone, en chute libre

Les années se suivent et se ressemblent pour le Barça sur la scène européenne. Des attentes élevées en début de saison avec en ligne de mire une sixième Ligue des champions, des phases de poules globalement maîtrisées avant de sombrer lors des matches à élimination directe. Avant la claque monumentale reçue en 2020, le Barça était déjà tombé dans le piège tendu à Rome (3-0) en 2018, avant de s’effondrer à Anfield un an plus tard et enregistrer une lourde défaite 4-0 face à un Liverpool amoindri. L’an dernier, les coéquipiers de Frenkie De Jong ont subi la foudre de Kylian Mbappé au Camp Nou 1-4. Le Barça n’inspire plus aucune crainte en Europe et éprouve les pires difficultés du monde à rivaliser avec les grosses cylindrées. Avec seulement 1 Coupe du Roi glanée en 2 ans, le Barça patine également en championnat. Fruit d’une régression perpétuelle de l’effectif et d’un recrutement désastreux, les Catalans rentrent peu à peu dans le rang et peinent à tenir la dragée haute face aux cadors européens.

Un groupe qui n’est pas prêt

Après le départ de leur meilleur joueur cet été, Lionel Messi, le Barça se présente avec un groupe déséquilibré entre une jeune garde pleine de promesse incarnée par Pedri et De Jong et des cadres (Busquets, Alba, Piqué…) en réelle perte de vitesse. En proie à de grosses difficultés financières, le Barça n’a pas pu étoffer son effectif lors du mercato estival. L’arrivée majeure, celle de Memphis Depay est en revanche, un motif de satisfaction tant le Néerlandais se montre à son avantage sous ses nouvelles couleurs.

Mais l’effectif est nettement en deçà des espérances des supporters. Très peu de joueurs de classe mondiale, un secteur offensif aux abonnés absents et des manques qui interpellent. Pour ne rien arranger, les Catalans rencontrent une cascade de blessures. Coutinho, Dembele, Aguero, Fati, Braithwaite, Dest, et Alba devraient manquer la rencontre face au Bayern. Un contexte d’autant plus compliqué à gérer pour Ronald Koeman, qui entretient une relation «je t’aime moi non plus» avec son président Joan Laporta. Un signal d’espoir réside cependant dans le nombre de jeunes joueurs promis à un bel avenir. Frenkie De Jong, moteur de l’équipe devrait incarner la nouvelle génération du Barça avec le talentueux Pedri, élu meilleur espoir de l’Euro, mais aussi Dest, Gavi, Riqui Puig, ou encore Ansu Fati, le nouveau détenteur du numéro 10, de retour après une très longue blessure au ménisque.

Une saison de transition

Le FC Barcelone ne fait pas parti des favoris à la victoire finale en Ligue des champions. En totale reconstruction, le Barça se prépare à enchaîner une à deux saisons de transition. L’objectif étant de développer les jeunes pétris de talents au sein de l’effectif, afin d’obtenir une équipe compétitive à moyen terme. Cette saison, le Barça cherchera à se rassurer, en accédant aux quarts de finale, sans pour autant prendre une raclée face au premier cador rencontré. Malgré un manque de talent intrinsèque évident, le FC Barcelone «es mas que un club», et cherchera à se montrer digne de l’écusson tout au long de la compétition y compris face au Bayern.

Sous la houlette de Hansi Flick, le Bayern a remporté 2 Bundesliga, 1 coupe d’Allemagne et 1 Ligue des champions. Au terme d’un règne court, mais couronné de succès, l’entraîneur allemand a quitté le club bavarois pour reprendre la Mannschaft. Une perte considérable, immédiatement remplacée par un jeune entraîneur en vogue, Julian Nagelsmann.

Julien Nageslmann, le présent et l’avenir du Bayern

Transfuge du RB Leipzig, le coach âgé de 34 ans est considéré comme l’un des meilleurs entraîneurs de sa génération. Tacticien hors-pair, il essaiera d’apporter une plus-value par rapport à son prédécesseur qui a déjà laissé une empreinte extrêmement forte lors de son passage.

En ce qui concerne l’effectif, le Bayern s’inscrit dans une politique de continuité tant le groupe à la disposition de Nagelsmann semble solide. La greffe prend peu à peu entre le nouveau coach et son équipe, en témoigne le récital délivré à Leipzig ce week-end (1-4). Un résultat et une performance de haute-volée mais Nagelsmann se montre perfectionniste. «Nous avons joué vers l’avant et nous avons laissé beaucoup d’espaces. Nous aurions pu marquer beaucoup plus de buts. C’était un match agité mais nous avons eu une bonne phase après la pause et nous aurions pu prendre l’avantage assez confortablement.»

La révélation Jamal Musiala

L’un des changements notables opérés sous Nagelsmann concerne le temps de jeu de Jamal Musiala, le petit joyau du club. Dans la rotation sous Flick, le jeune Allemand de 18 ans enchaîne les titularisations avec le nouveau technicien et ne cesse d’émerveiller les suiveurs assidus de Bundesliga.

Très fin techniquement, et doté d’une maturité déconcertante pour son âge, l’ailier est impliqué sur 4 buts en 4 matches en championnat et vient bousculer une hiérarchie où figure, Kingsley Coman, Leroy Sane ou encore Serge Gnabry…

Le Bayern vise un septième sacre

Le Bayern vise une victoire finale en Ligue des champions. En présence d’un groupe de grande qualité, couplée à l’arrivée d’un brillant entraîneur, les Munichois voudront effacer l’échec de l’an dernier face au PSG. Les Bavarois ne boxent plus dans la même catégorie que le Barça, et chercheront à obtenir la 1ere place du groupe. Pour autant, Thomas Muller, joueur phare du Bayern ne veut surtout pas prendre ce match à la légère «Je ne peux pas dire grand-chose de Barcelone sans Messi. C’est une équipe différente. Avec Messi sous les projecteurs, il sera toujours plus mis en avant. Mais c’est toujours un match contre Barcelone à Barcelone dans un grand stade, donc ce sera un grand match».

Avec un groupe quasiment au complet, le Bayern est le grandissime favori de cette confrontation. Un choc qui paraît déséquilibré sur le papier, mais la symphonie de la Ligue des champions est toujours là pour nous rappeler que cette compétition est un spectacle rempli de surprises.



Source [ Le figaro ]