Antoine Terrel avec Jacques Serais
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Depuis de longues semaines, ses ambitions pour 2022 étaient devenues un secret de Polichinelle. Dimanche, Anne Hidalgo a mis fin au suspens en officialisant sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Se lançant dans la course à l’Elysée depuis Rouen, la socialiste s’est dite « prête ». Mais la maire de Paris, qui n’a pas encore décollé dans les enquêtes d’opinion, devra muscler son jeu dans les prochaines semaines, tout en tentant de s’imposer comme la candidature incontournable d’une gauche morcelée. 

Car actuellement, Anne Hidalgo est loin d’être favorite dans les sondages, n’étant créditée que de 7 à 9% des intentions de vote. C’est moins que Jean-Luc Mélenchon, qui dépasse la barre des 10%, et à peine plus qu’un candidat écologiste tel que Yannick Jadot.

Son livre va paraître mercredi

Mais Anne Hidalgo compte bien créer une certaine dynamique. D’abord avec la sortie mercredi de son livre autobiographique intitulé Une femme française, et avec le congrès du PS dans une semaine, lors duquel le parti devrait entériner le soutien à sa candidature.

C’est donc pour Anne Hidalgo un moment charnière pour tenter de s’imposer dans ce paysage de gauche complètement saturé de prétendants à l’Elysée. Elle qui a gagné sa réélection à la mairie de Paris en s’alliant avec les écologistes et les communistes veut renouveler l’opération, cette fois pour la France. Mais Paris n’est pas la France… Et même si une telle alliance s’organisait, Anne Hidalgo ne parviendrait pas à l’emporter selon les sondages, même face à Marine Le Pen.

« Elle saura rassembler les Français de gauche »

Anne Hidalgo, qui a multiplié depuis plusieurs mois les déplacements en France, devra également continuer de tenter de remédier à un possible déficit de notoriété en dehors de l’Ile-de-France. Mais du côté de ses soutiens, on estime que ces remarques sur son profil trop « parisien » sont injustifiées. « Anne Hidalgo incarne déjà l’image de la France », assure ainsi Sébastien Vincini, maire PS de Cintegabelle, en Haute-Garonne, au micro d’Europe 1.

Reste que la multiplication des candidatures à gauche pourrait poser problème en dispersant les voix au premier tour. « On est à sept mois de l’échéance », élude Sébastien Vincini. « Je crois que la campagne a démarré officiellement aujourd’hui. On attendait cette candidature, c’est un soulagement, une fierté », insiste-t-il, assurant que cette annonce est « accueillie avec enthousiasme ». « On le sait, une élection présidentielle se cristallise autour des mois de février-mars (…) d’ici là, elle saura rassembler les Françaises et les Français de gauche », assure-t-il encore. 



Source [ Europe 1 ]