L’épidémie de bronchiolite a été particulièrement faible cet hiver, en raison du respect important des gestes barrières. Mais Santé Publique France craint que le manque d’entraînement immunitaire chez les enfants conduise à une épidémie plus importante cette année.

Une épidémie de bronchiolite, « de plus grande ampleur que celle observée chaque année est possible l’an prochain », écrit Santé Publique France dans son dernier bilan sur cette infection respiratoire, répandue chez les bébés. Le nombre de cas de bronchiolite a pourtant fortement baissé pendant l’hiver 2020-2021.

« L’amplitude de l’épidémie a été très inférieure à celle de de la saison précédente », détaille SPF, mais « une épidémie de plus grande ampleur que celle observée chaque année est possible l’an prochain du fait de la moindre stimulation immunitaire induite par la faible circulation du virus cet hiver, dans un contexte de levée des mesures barrières« .

Une baisse des cas due aux gestes barrières

La bronchiolite « est une infection respiratoire des petites bronches due à un virus respiratoire très répandu et très contagieux », explique le site du ministère de la Santé. « Cette épidémie saisonnière débute généralement mi-octobre et se termine à la fin de l’hiver avec un pic durant le mois de décembre ». L’infection touche les plus jeunes, « 30% des enfants de moins de 2 ans sont affectés par la bronchiolite chaque année », écrit ainsi le ministère qui précise que ce virus « est potentiellement grave pour les jeunes enfants », notamment les nourrissons.

Lors des deux derniers hivers, jusqu’à 6000 passages aux urgences par semaine ont été enregistrés en France métropolitaine pour des cas de bronchiolite chez des enfants de moins de deux ans, avec un pic en novembre/décembre. Durant l’hiver 2020-2021, ce chiffre a à peine dépassé les 2000.

« Il y a eu un peu de cas, mais c’était beaucoup moins important que les autres années et surtout plus tardif. Le pic a eu lieu en février/mars », explique à BFMTV.com Brigitte Virey, pédiatre libérale et présidente du Syndicat National des Pédiatres Français.

Passages et hospitalisations suite aux passages aux urgences pour bronchiolite en France métropolitaine, enfants de moins de 2 ans, 2018-2021
Passages et hospitalisations suite aux passages aux urgences pour bronchiolite en France métropolitaine, enfants de moins de 2 ans, 2018-2021 © Santé Publique France

Pour elle, pas de doute, cet effondrement des cas est dû à l’application des gestes barrières en raison de la pandémie de Covid-19. « Ce sont les gestes barrières qui expliquent cette baisse », déclare également auprès de BFMTV.com Fabienne Kochert, pédiatre libérale et présidente de l’AFPA Néonatologie (association française de pédiatrie ambulatoire). Le virus se transmet en effet lors d’éternuements, ou par les mains et les objets souillés par une personne infectée.

Une épidémie plus forte en 2021-2022?

« Les maladies comme la bronchiolite et la gastro-entérite sont des passages obligés pour le nourrisson », explique Fabienne Kochert, « au fur et à mesure, ils s’immunisent, et font des formes moins graves ».

Après cette baisse épidémique, Santé Publique France suppose que le manque d’immunité des bébés, qui n’auront donc pas produit d’anticorps contre l’infection, conduira à une augmentation du nombre de cas cet hiver. « Un tel phénomène a été observé en Australie, qui a rapporté cet automne une épidémie d’intensité inhabituelle », assure le rapport.

Pour Brigitte Virey, il est en effet possible que l’épidémie soit plus forte cet hiver, car « l’immunité des enfants n’a pas été sollicitée, donc effectivement cela risque de rebondir », explique-t-elle. « Les enfants auront une immunité moins entraînée », mais pas seulement contre la bronchiolite, car l’épidémie de gastro-entérite a également été très faible cette année, « on peut alors se dire que toutes les maladies infectieuses risquent de rebondir ».

Mais ce scénario est moins certain, pour Fabienne Kochert: « Entre les suppositions et la vie réelle, on ne sait jamais trop ce qu’il va se passer », déclare-t-elle. Elle explique qu’en 1995, lors des grandes grèves des transports, le nombre de cas de bronchiolite avait fortement diminué car les bébés n’allaient plus à la crèche. L’hiver suivant, il n’y avait pas eu de pic plus important que la normale.

« Respecter les gestes barrières »

Cet hiver, il est également possible que les Français continuent de respecter les gestes barrières, ce qui pourrait une fois encore donner lieu à une épidémie plus faible. Pour éviter qu’un enfant attrape la bronchiolite, il est nécessaire, de toute façon de « respecter les gestes barrières tels que le lavage des mains, l’aération, la désinfection de surfaces, mais aussi porter un masque en cas de rhume », explique Fabienne Kochert, des mesures similaires à celles qu’il faut observer pour l’épidémie de Covid-19.

Pour éviter la bronchiolite, il faut également reporter toute visite avec son bébé à une personne enrhumée, « éviter d’emmener votre enfant dans des endroits publics où il risquerait d’être en contact avec des personnes enrhumées », ou encore ne pas échanger « les biberons, les sucettes, les couverts et verres non nettoyés », détaille le ministère de la Santé.

Il n’existe pas de vaccins ou de traitements contre la bronchiolite, comme les infections virales, ce sont les symptômes qui se soignent, et il faut attendre que l’infection disparaissent.

La maladie « débute généralement par un simple rhume et une toux, puis l’enfant est gêné pour respirer et il peut présenter des difficultés pour boire et manger. Les quintes de toux sont très fréquentes et peuvent s’accompagner de sifflements », explique le ministère qui ajoute, « en cas de signes de bronchiolite, il faut rapidement contacter un médecin qui confirmera le diagnostic ».

Salomé Vincendon

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV



Source [ BFMTV ]