Dans son discours sur l’état de l’Union ce mercredi, la présidente de la Commission européenne insiste sur l’urgence pour l’UE de défendre sa souveraineté technologique.

Bruxelles proposera une loi européenne sur les semi-conducteurs pour défendre la souveraineté technologique de l’UE dans ce domaine stratégique, a promis mercredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

Incontournables dans les objets du quotidien comme l’automobile ou les téléphones mobiles, les semi-conducteurs font l’objet d’une pénurie au niveau mondial et l’Europe est de plus en plus dépendante des importations chinoises ou américaines sur ce marché estimé à 440 milliards d’euros.

«À l’heure où nous parlons, des lignes de production entières tournent déjà au ralenti malgré la demande croissante, à cause d’une pénurie de semi-conducteurs. Alors que la demande mondiale a explosé, la part de l’Europe dans toute la chaîne de valeur, de la conception à la capacité de fabrication, a diminué», a-t-elle souligné.

Discours volontariste

«Nous sommes dépendants des microprocesseurs les plus avancés fabriqués en Asie. Il ne s’agit donc pas seulement de notre compétitivité. L’enjeu est aussi notre souveraineté technologique. (…) Nous présenterons une nouvelle loi européenne sur les semi-conducteurs», a déclaré Ursula von der Leyen.

La cheffe de l’exécutif européen a adopté un ton volontariste. «Nous devons conjuguer nos capacités de recherche, de conception et d’essai de classe mondiale. Nous devons coordonner les investissements de l’UE et des États membres sur l’ensemble de la chaîne de valeur».

«L’objectif est de créer ensemble un écosystème européen des semi-conducteurs à la pointe du progrès, intégrant la production. Cela sécurise nos approvisionnements et nous permettra de développer de nouveaux marchés pour des technologies européennes novatrices», a-t-elle ajouté.

D’ici à 2030, l’Union européenne ambitionne de produire 20% des semi-conducteurs dans le monde, soit un doublement de sa part actuelle, selon une feuille de route présentée début mars par la vice-présidente de la Commission européenne Margrethe Vestager et le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton.



Source [Le figaro ]