On l’a dit plus haut, la configuration acoustique entièrement revue de la Charge 5 est la plus importante évolution que le nouveau modèle apporte par rapport à la Charge 4. Elle comprend désormais un haut-parleur de médiums/graves oblong similaire à celui de la Flip 5, complémenté par un tweeter de 2 cm. Les deux radiateurs de graves passifs latéraux, signature visuelle et technologique des enceintes Bluetooth JBL, sont bien sûr toujours de la partie. Un équipement foisonnant qui a porté ses fruits, et permet à la Charge 5 de passer un cap significatif en termes de musicalité.

Pour autant, l’enceinte reste fermement ancrée dans ce que l’on pourrait appeler une certaine tradition JBL. Comme presque toujours chez le constructeur, l’accent est mis avant tout sur l’ampleur spectrale du rendu, quitte à sacrifier un peu de précision. Ainsi en va-t-il notamment des basses : leur extension est, il est vrai, réjouissante ; mais elle descend jusqu’à des fréquences où l’inertie des radiateurs passifs n’est plus totalement contrôlée. Il en résulte un léger manque de définition des effets graves, en particulier sur les transitoires d’extension — comprenez qu’un kick très sec, par exemple, peut se trouver un peu dilué. À l’autre extrémité du spectre, les extrêmes aigus sont sujets à une très légère mise en avant, certes subtile, mais suffisante pour donner au son un côté assez incisif, et que l’on peut, selon les sensibilités de chacun, trouver soit vivifiant, soit un peu fatigant.

Mais trêve de ratiocinations : comme le laissait suggérer l’impressionnante mesure de réponse en fréquence ci-dessus, c’est avant tout par la transparence et la plénitude de sa restitution que cette Charge 5 frappe nos oreilles. Malgré le tout petit reproche qu’on a pu leur adresser plus haut, les radiateurs passifs font montre d’un comportement proche de l’exemplaire : aucune résonance parasite, aucun débordement, et une transition entre les registres grave et médium assurée avec une fluidité irréprochable. La même qualité est à trouver du côté des aigus : l’apport du tweeter** dédié est flagrant, et permet au message sonore de rester parfaitement clair et défini, même à fort volume.

C’est d’autant plus frappant que tout cela se fait sans jamais compromettre la vivacité de rendu dont JBL a fait sa signature. La dynamique est excellente, à la seule condition de ne pas pousser le volume à fond, sous peine de voir une compression fort peu élégante se mettre en place — mais le cas se présente rarement, tant la réserve de puissance est généreuse. Mais la Charge 5 a quoi qu’il en soit su devenir autre chose qu’une simple « machine à cracher des décibels ». L’homogénéité sonore qu’elle propose, son rendu des timbres remarquablement naturel, sont des qualités que ses devancières n’avaient jamais eues.

Précisons enfin que l’enceinte ne propose qu’un rendu monophonique. On ne s’en émeut pas outre mesure, puisque les faibles dimensions d’une enceinte portable ne sont a priori pas propice à une séparation stéréo convaincante (les seules exceptions à cela étant les Sony SRS-XB33 et 43). On peut en revanche être un peu contrarié par la forte directivité de l’émission sonore : l’équilibre de la restitution se perd assez rapidement dès que l’on s’éloigne de l’axe central. Mieux vaut donc éviter de la positionner sur la table basse au centre du salon pour sonoriser une soirée.



Source [ Les numériques ]