2,25 millions de salariés toucheront 35 euros bruts de plus au 1er octobre.

Inflation oblige, le salaire minimum de croissance (smic) sera bel et bien augmenté au 1er octobre. Comme le veut une disposition inscrite dans le code du travail, une revalorisation automatique intervient dès lors que l’indice national des prix à la consommation atteint un niveau supérieur à 2 %. Or les chiffres définitifs publiés mercredi par l’Insee montrent que cet indicateur a progressé de 2,2 % par rapport à novembre 2020, mois de référence pour la dernière revalorisation.

En conséquence, le smic, qui pointe aujourd’hui à 1554,58 euros bruts par mois, sera porté à environ 1589 euros dès le mois prochain, soit une hausse de près de 35 euros bruts. La dernière hausse automatique du smic due à l’inflation, qui s’était élevée à 2,1 %, était intervenue le 1er décembre 2011, mais jamais les conditions ne s’étaient présentées depuis.

Pression politique

La loi permet également un coup de pouce à la discrétion du gouvernement. Le dernier remonte à juillet 2012, François Hollande tout juste élu. Le ministère du Travail a consulté mercredi soir le groupe d’experts sur le smic pour avoir «son avis».Dans un communiqué publié dans la foulée, le ministère n’a toutefois pas annoncé de hausse supplémentaire. «Il y a consensus pour dire qu’il faut s’en abstenir. Il revient aux partenaires sociaux de négocier par branche les minima salariaux adaptés à chaque activité. La priorité des priorités, aujourd’hui, c’est l’emploi» explique l’économiste Gilles Cette, président de ce groupe.

À sept mois de l’élection présidentielle, la tentation politique d’aller au-delà de la simple revalorisation automatique faisait débat. Malgré les signaux envoyés la semaine dernière par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, qui indiquait que «donner un coup de pouce au smic c’était aussi donner un coup de canif au redressement de l’emploi», la porte n’était pas complètement fermée au sein de l’exécutif.

Quant aux propositions de nombreux candidats à la présidentielle, à l’image de Valérie Pécresse, d’Arnaud Montebourg ou de Jean-Luc Mélenchon, pour une hausse sensible du smic, elles mettent une pression supplémentaire.



Source [Le figaro ]