Nouveau coup de pouce pour les chômeurs longue durée – ceux qui cherchent un emploi depuis plus d’un an. Elisabeth Borne, la ministre du Travail, a dévoilé jeudi un plan censé faire reculer le chômage. L’Etat va dorénavant financer les entreprises pour qu’elles forment des demandeurs d’emploi. Les entreprises peuvent pourront ainsi à la fois lutter contre le chômage et répondre à leur manque de main d’œuvre.

Changement de méthode

Pour la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), ce changement de méthode était nécessaire : il manque environ 100.000 salariés dans la restauration, 70.000 dans le bâtiment. Avec son nouveau plan, le gouvernement va donc amplifier un dispositif qui existe, mais qui est peu utilisé : la préparation opérationnelle à l’emploi. 

Concrètement, ce dispositif consiste à former à un métier les demandeurs d’emploi directement dans l’entreprise. Dans ce cadre, la formation des chômeurs longue durée est directement financée par l’Etat.

Ce dispositif fonctionne : dans huit cas sur dix, le chômeur se voit proposer, après sa formation, un poste en CDI. Dans le même sens, le gouvernement demande à Pôle Emploi de lister d’ici à la fin octobre toutes les bonnes pratiques locales qui pourraient être dupliquées. Le ministère du Travail a également annoncé maintenir les moyens mis en place pendant la crise sanitaire.

Chômage : le paradoxe français

La France se trouve actuellement dans une situation paradoxale, avec un fort taux de chômage – plus de 8% – et des offres d’emploi historiquement élevées qui ne trouvent pas preneur. « Les chefs d’entreprise nous disent qu’ils ont des postes pour lesquels ils ne trouvent pas de salariés. C’est aussi frustrant pour un demandeur d’emploi de longue durée d’avoir le sentiment de rester sur le bord du chemin pendant que l’économie repart », explique Elisabeth Borne dans un entretien au Parisien paru jeudi.

L’un des problèmes souvent mis en avant pour expliquer ce paradoxe, c’est le manque de formation des demandeurs d’emploi. Les entreprises ne parviennent pas à recruter, faute de main d’œuvre correctement formée. Jusqu’ici, le calcul était perdant pour l’Etat, qui investissait en effet beaucoup, avec peu de résultats. Ce nouveau plan d’action devrait contribuer à atténuer ce phénomène.



Source Europe 1