Dans un entretien aux Échos, la présidente de la région Ile-de-France, candidate déclarée à la présidentielle, assure qu’elle ira plus loin dans la réforme de l’Assurance chômage et plaide pour une retraite à 65 ans.

Sur le plan économique, Valérie Pécresse commence à avoir une petite idée de ce qu’elle voudrait pour la France. La présidente de Région, désormais candidate à l’élection présidentielle, a donné ce vendredi, dans un entretien aux Échos, les grandes lignes de ce qui s’apparente à une ébauche de programme.

Partant du constat que «la France est dans une situation de très grande fragilité» et qu’il faut «redresser la barre», elle assure vouloir mettre en œuvre «une politique d’offre et de vraie revalorisation du travail», selon un thème cher à la droite. Et elle remet sur la table des réformes finalement assez conventionnelles – ce qui ne veut pas dire qu’elles sont faciles à faire.

Elle l’admet, «cela fait vingt ans qu’on nous promet» certaines réformes. La simplification administrative, par exemple. «Dénormer doit être la priorité du pays». Et cela passera notamment par la suppression en cinq ans 10 % de l’« administration administrante», c’est-à-dire des fonctionnaires qui gèrent des normes et des procédures «en recentrant l’État sur ses fonctions essentielles – protéger, éduquer, soigner».

Concernant la réforme des retraites – qui ne manquera pas d’être un thème dans cette campagne à la course à l’Elysée-, elle l’affiche clairement : «nous devrons progressivement travailler jusqu’à 65 ans». Elle accole à cette donne le versement d’«un minimum contributif égal au SMIC net en 2030 pour ceux qui ont cotisé toute leur vie». Et sur celle de l’Assurance-chômage, l’élue francilienne estime qu’il ne faudra «pousser plus loin la dégressivité» des allocations avec un «mécanisme plus incitatif à retrouver rapidement un emploi et des adaptations pour les salariés plus âgés». «Je propose de revaloriser les salaires en allégeant davantage les charges», dit-elle encore. Et entrouvre le sujet du temps de travail, en assurant que le télétravail doit permettre de «faciliter la négociation entreprise par entreprise» sur ce sujet.

«Ivresse de la dépense»

Parce que Valérie Pécresse sait que «les électeurs de droite sont extrêmement soucieux de l’ampleur de la dette, aujourd’hui à 117 %», elle dit vouloir reprendre le chemin des économies, mis à mal depuis de début de la crise avec le «quoi qu’il en coûte» d’Emmanuel Macron. Stopper cette «ivresse de la dépense», c’est la condition, dit-elle, pour que la France puisse perdre son titre de «championne du monde des impôts». Sur ce plan, d’ailleurs, elle annonce vouloir créer «un choc de transmission de patrimoine», et propose un régime de donations défiscalisées jusqu’à 100.000 euros de la part des grands-parents, parents, oncles, tantes, frères et sœurs, tous les six ans (aujourd’hui, c’est tous les 15 ans des parents et grands-parents).

Enfin, Valérie Pécresse se fixe comme objectif une France zéro carbone en 2050, «qui impose à côté des énergies renouvelables de relancer l’industrie nucléaire et construire six EPR». Et plaide, pour aider à la transition écologique, pour une fusion du Livret A avec le Livret développement durable.

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Source [ Le figaro ]