Cet ouvrage, comme l’indique l’auteur, est réservé non pas « aux jeunes de 7 à 77 ans », mais à ceux qui ont « entre 15 et 95 ans » ; nuance… Et donc, pour séduire ce large public, il s’appuie sur des dessins et des photographies et une police très lisible.

Il se propose de combattre les mythes créés au fil des ans sur les Gaulois, en les soumettant à la rigueur de l’histoire et surtout aux résultats des fouilles ; ce faisant, il s’inspire des thèses de Christian Goudineau et, bien sûr, de ses propres recherches et de celles de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (l’Inrap), qu’il préside.

Il rappelle ainsi que les Gaulois ont été en quelque sorte « inventés » par les Romains : les Lingons ignoraient qu’ils étaient Gaulois, comme tous les membres des peuples celtiques de l’Europe tempérée pendant l’âge du Fer. Certes, sans le savoir, tous parlaient une langue celtique et partageaient la même culture et la même religion.

Pour autant, une certaine diversité existait entre eux : entre le nord et le sud, entre les riches et les pauvres et suivant les époques et tout particulièrement entre les riverains de la Méditerranée et ceux du Rhin. Les rois furent supplantés par des régimes aristocratiques, dirigeant des cités comme partout ailleurs à l’époque, qui évoluaient doucement vers une économie monétaire. Des contacts étaient aussi établis avec les voisins, Germains au nord, Ligures et Ibères au sud.

L’auteur traite ensuite l’incontournable épisode César-Vercingétorix avant de nous convier à un tour de Gaule. Dans un épilogue surprenant, il trouve « une part de Gaulois » dans Barack Obama. Mais rappelons que d’autres chefs d’État ont davantage agi pour l’archéologie gallo-romaine : Napoléon III, d’abord et surtout, et aussi François Mitterrand.

Yann Le Bohec

Yann Le bohec, professeur à l’Université Paris IV-Sorbonne, est un spécialiste de l’histoire romaine.





Source [ Pour la science ]