La communauté scientifique estime que les premières traces de la domestication du feu par l’Homme en Europe remontent à -400.000 ans. Cependant, une équipe vient de découvrir des traces de feu vieilles de 560.000 ans dans la Caune de l’Arago, reculant de 160.000 ans l’âge des plus anciennes traces déjà connues dans cette grotte.

Le remplissage sédimentaire de la Caune de l’Arago, dans les Pyrénées-Orientales, déposé entre – 700.000 et – 100.000 ans, en fait un site archéologique unique en Europe pour rechercher les premières traces de l’utilisation du feu par l’Homme. Pour mettre au jour ces très anciennes traces, les chercheurs ont appliqué des méthodes de susceptibilité magnétique leur permettant de retrouver les niveaux de minéraux magnétiques formés lors d’épisodes thermiques dans les niveaux les plus anciens du remplissage de la grotte.

Les mesures de susceptibilité magnétique in situ ont mis en évidence deux pics localisés dans les niveaux RFB et Q4, datés respectivement à 260.000 et 560.000 ans, dans lesquels sont associés des charbons de bois et des minéraux magnétiques qu’il est possible de former par chauffes à partir des oxydes de fer initialement présents dans les sédiments.

Découverte en 1829, la Caune de l'Arago se situe à Tautavel, dans le massif des Corbières, sur les marges septentrionales de la plaine du Roussillon. © CERPT

Un feu d’origine naturel ou allumé dans la grotte ?

Le niveau RFB est connu pour abriter des charbons d’origine anthropique et leur redécouverte guidée par la susceptibilité magnétique valide l’approche. En revanche, les traces de feu découvertes dans le niveau Q4, daté à environ -560.000 ans est une première et pourrait repousser de 160.000 ans la date de la première utilisation du feu en France.

L’hypothèse que ces traces de feu seraient dues à des paléoincendies extérieurs doit être considérée, mais elle impliquerait la conservation, lors du transport dans la grotte, de l’étroite association des minéraux magnétiques et des charbons formés par le feu dans un même niveau et semble donc difficile à retenir. Si l’origine de ces traces reste un sujet brulant, la méthode pourrait être utilisée dans d’autres sites pour élargir nos connaissances sur l’usage du feu au Paléolithique, si important dans l’adaptation des humains à leur environnement.

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Source [ Fututa science ]