Yannick Jadot et Sandrine Rousseau sont tous deux arrivés en tête du premier tour de la primaire écologiste, avec un peu plus de deux points d’écart.

« Je vous promets d’autres surprises ». La confiance est de mise, dans le camp de Sandrine Rousseau. L’économiste s’est qualifiée ce dimanche eurodéputé pour le second tour de la primaire écologiste, où elle affrontera l’eurodéputé Yannick Jadot du 25 au 28 septembre pour gagner le droit de représenter leur famille politique à l’élection présidentielle de 2022.

Les scores étaient relativement serrés. Yannick Jadot, favori du scrutin, est arrivé en tête des cinq prétendants avec 27,7% des 106.000 votants. Sandrine Rousseau, d’abord outsider puis progressivement considérée comme sérieuse prétendante, finit à moins de trois points de l’eurodéputé, avec 25,14% des voix.

« C’est une victoire d’être au second tour, c’est une victoire d’être dans un mouchoir de poche avec Yannick Jadot, et je vous promets d’autres surprises », a-t-elle déclaré dimanche au micro de BFMTV, parlant de « victoire au second tour ».

« Pas une surprise » pour les militants

Dimanche, lors de l’annonce des résultats, elle avait pourtant refusé ce qualificatif, déclarant dans son discours de victoire que « ce résultat n’est finalement une surprise que pour les personnes qui n’ont pas saisi ou qui n’ont pas voulu voir les évolutions de la société, les modifications en son sein qui prônent et qui portent des mesures ambitieuses ».

« Ça n’est une surprise que pour les gens qui n’ont pas écouté les changements sociaux de ces dernières années, la colère qui montait, l’envie que cette trajectoire change enfin, et donc Sandrine est au bon endroit, au bon moment », assure à BFMTV Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole EELV pour l’Île-de-France.

« On est au bord du gouffre, le monde est saccagé, on a besoin d’elle et c’est la seule à porter un discours de cette radicalité-là », déclare de son côté Adélaïde, militante et soutien de Sandrine Rousseau, pour qui cette victoire est naturelle.

Si le résultat ne surprend pas les soutiens de la candidate, il n’en est pas de même pour les observateurs, qui voyaient en la large participation à la primaire le présage d’un certain classicisme dans les résultats. A l’arrivée, Yannick Jadot « est plutôt en danger et c’est un peu une surprise », explique dans 20 minutes Daniel Boy, spécialiste de l’écologie politique.

« On s’était dit qu’avec 122.000 personnes on serait plutôt sur une écologie consensuelle, etc. Pas du tout. C’était ça l’erreur: on a un corps électoral très partagé et qui penche pas mal à gauche. Si on additionne Rousseau, Piolle et Batho ça fait beaucoup et ils sont tous plus à gauche que Jadot ».

« Le point fort de Yannick: parler au plus grand nombre »

Dans le camp de Yannick Jadot, on reste toutefois confiant pour la suite, car si Sandrine Rousseau est présentée comme une écologiste radicale, l’eurodéputé compte sur son profil de rassembleur. « Le point fort de Yannick, c’est de parler au plus grand nombre, de rassembler, et c’est cela qu’il doit mettre en avant cette semaine », déclare ainsi à BFMTV Matthieu Orphelin, député EELV et soutien de Yannick Jadot.

« Ça va être la stature d’homme présidentiable qui va jouer maintenant parce qu’il faut rassembler, rassembler dans la famille écologiste pour être le vainqueur de cette primaire des écologistes », lance le député européen Damien Careme.

Perrine Vasque, Camille Fournier, Valentin Demay, avec Salomé Vincendon



Source [BFMTV]