Le Fiido D11 exploite un système de pliage assez classique avec l’ouverture du vélo au niveau du tube supérieur et l’abaissement du guidon à la base de la potence. La selle peut également être baissée à l’extrême, mais les pédales ne peuvent pas être repliées. Si la selle est réglable, ce n’est pas le cas du guidon. Cette géométrie convient aux personnes mesurant entre 1,45 m et 1,75 m. La position de conduite est globalement droite, mais les plus grands sont légèrement penchés vers le poste de pilotage. Au-delà de 1,75 m, ce qui est notre cas (1,80 m), on se retrouve trop haut. Ce n’est habituellement pas un gros handicap sur un vélo pliant, mais sur le Fiido D11, le guidon est trop près et cette position devient rapidement inconfortable. On se sent tassé sur le vélo.

Le Fiido D11 sur sa béquille.

Le Fiido D11 sur sa béquille.

Le Fiido est équipé de roues de 20 pouces surmontées de pneus Heng Shing d’une section de 1,75″. Ces pneus ont l’avantage d’être assez « roulants », mais leur section est assez faible comparée aux 2,1″ des pneus de l’Eovolt City, par exemple. Ils ne permettent pas d’amortir les aspérités de la route. Le vélo est fourni avec des garde-boue que nous avons dû monter. Petit souci, l’une des vis de fixation n’était pas du bon diamètre, nous avons donc finalisé l’installation avec un collier rilsan. Sur la roue avant, le garde-boue ne descend pas assez bas et il manque une bavette pour éviter les projections d’eau sur les chaussures, mais dans l’ensemble, ces garde-boue permettent de rester au sec lorsque la chaussée est mouillée et surtout d’éviter les projections sur le bas du dos et c’est bien le principal. Le freinage est assuré par des freins à disque mécaniques (sans marque apparente) équipés d’un contacteur venant couper le moteur.

Le moteur 36 V 250 W situé dans le moyeu arrière.

Le moteur 36 V 250 W situé dans le moyeu arrière.

Le Fiido est équipé d’un moteur moyeu 250 W 36 V délivrant un couple limité à 35 Nm. En comparaison, l’Eovolt City avec son moteur 250 W en 36 V affiche un couple de 40 Nm, alors que le Tilt E 500 se contente de 24 Nm. Le vélo est également équipé d’une béquille, mais il fait l’impasse sur le porte-bagages.

La chape longue du dérailleur 7 vitesses est très proche du sol. Attention en descendant les trottoirs en biais.

La chape longue du dérailleur 7 vitesses est très proche du sol. Attention en descendant les trottoirs en biais.

Le D11 est équipé d’un dérailleur Shimano Tourney à 7 vitesses qui permet d’adapter la cadence de pédalage au terrain. C’est clairement l’un des points forts du vélo, surtout dans cette gamme de prix. Le plateau compte 52 dents et la cassette de 14 à 28 dents (pour le petit et grand pignon respectivement) ; de quoi gravir de bonnes cotes sans compromettre la vitesse sur terrain plat (pour rouler à plus de 30 km/h).

Les feux avant et arrière.

Les feux avant et arrière.

Les feux avant et arrière sont directement gérés par la console et sont alimentés par la batterie principale. Ils sont assez lumineux.

La batterie 36 V de 11,6 Ah est intégrée au tube de selle. Elle pèse 3,3 kg avec la selle. Contrairement à la batterie de l’Eovolt qui était connectée sous le pédalier, la connexion s’effectue ici directement sous la selle, ce qui permet de ne pas se salir les mains. La batterie, amovible, peut être rechargée sur le vélo ou à part. Le seul petit défaut est l’absence d’un antivol de selle, ce que propose en revanche son concurrent Eovolt. Il faut donc emporter la selle avec soit lorsque l’on gare le vélo à l’extérieur ou trouver un système pour attacher la selle au cadre. En parlant d’antivol, ce vélo est assez compliqué à sécuriser convenablement puisque le cadre monobras ne dispose pas de point d’ancrage.

Le guidon et son écran hélas très peu lisible en plein soleil.

Le guidon et son écran hélas très peu lisible en plein soleil.

Sur le poste de pilotage, on retrouve deux commodos pour allumer les lumières et déclencher le klaxon (strident) ainsi que le compteur qui indique la vitesse, le mode d’assistance choisi et le niveau de batterie. Ce compteur embarque également un port USB qui autorise la recharge d’un smartphone ou d’un autre appareil USB. Sur la droite, on retrouve la fameuse gâchette que nous avons déconnectée et la commande de dérailleur (non Shimano) avec deux gâchettes pour monter ou descendre les vitesses. Cette dernière est clairement moins pratique et fluide que les manettes Shimano. Les poignées sont en plastique très dur et font mal aux mains. C’est la première fois que cela nous arrive sur un vélo et cela mérite d’être souligné. Il faut changer les poignées pour gagner un peu en confort.

Sur la balance, notre vélo de test pèse 18,5 kg, soit 1 kg de plus que le poids annoncé. Le Fiido D11 est ainsi presque aussi lourd que le Décathlon Tilt E 500 (18,6 kg) et bien plus que les Eovolt City (15,6 kg) et Brompton Electric à deux vitesses (16,6 kg avec la batterie).

La conduite d’un vélo pliant est particulière et peut — au premier abord — rebuter les débutants. En effet, avec ses petites roues, un vélo pliant est par définition plus réactif et plus maniable à basse vitesse, le revers de la médaille étant un manque de stabilité à haute vitesse. Avec ses roues de 20 pouces, ce Fiido D11 offre tout de même un bon compromis entre stabilité et maniabilité. Les petites roues amènent une certaine vivacité et une très bonne maniabilité du vélo à basse vitesse. C’est idéal pour se déplacer en ville. Si le cadre en aluminium est rigide, le pédalier placé au bout du tube de selle manque quant à lui de rigidité, surtout dans les relances debout, que l’on évitera tant que faire se peut. À l’inverse, la rigidité générale du vélo constitue un problème, ajoutant à la sensation d’inconfort déjà initiée par la dureté des poignées.

Au guidon, on ne prend pas vraiment de plaisir sur ce modèle. Même avec le mode d’assistance le plus élevé, l’assistance reste assez molle et l’on ne sent pas trop les 35 Nm de couple annoncés. Le moteur utilise un capteur de pédalage situé dans le pédalier. Il ne s’agit pas d’un capteur de couple qui adapterait la puissance fournie en fonction de l’effort effectué sur les pédales comme sur les vélos plus haut de gamme. Ici, le fonctionnement est binaire : dès que l’on pédale, le moteur se met en route, et il se coupe dès que l’on arrête de pédaler ou lorsqu’on actionne les freins. La conséquence de ce mode de fonctionnement est le manque de précision de l’assistance et l’impression d’être poussé en permanence. C’est beaucoup moins agréable qu’avec un moteur central placé dans le pédalier ou ne serait-ce qu’avec un capteur de couple bien géré.

Heureusement, la transmission à six vitesses permet d’adapter la cadence et donc de continuer à pédaler normalement en forçant légèrement sur les pédales. Pour peu que l’on se donne la peine de passer les vitesses, la transmission apporte beaucoup plus de souplesse dans l’utilisation et permet de garder un contact avec les pédales, notamment pour les relances, même au maximum de la vitesse de l’assistance. Cette dernière est d’ailleurs étrangement limitée aux alentours de 22 km/h. Pour atteindre les 25 km/h, il faut utiliser la gâchette… qui est interdite en Europe. Comparé au modèle Decathlon, le Fiido pousse tout de même un peu plus dans les cotes assez prononcées, mais n’espérez pas pouvoir monter les cotes les plus difficiles sans avoir à pousser fort sur les pédales.

Les freins à disque avec un seul piston et à tirage mécanique.

Les freins à disque avec un seul piston et à tirage mécanique.

Les freins à disque utilisent un système de tirage mécanique pour actionner le piston et serrer les plaquettes de frein. Ce système est moins précis et moins onctueux que le système hydraulique, mais il n’en reste pas moins très efficace sur les freinages d’urgence. Ces freins sont très efficaces. Nous avons réussi à stopper le vélo lancé à pleine vitesse en moins de 3 mètres au prix d’une roue arrière levée de quelques centimètres. Attention, donc, à ne pas passer par-dessus le guidon. Par rapport aux freins V-Brake classiques, les freins à disque offrent un double avantage : un meilleur freinage sous la pluie puisque l’eau s’évacue plus rapidement, et surtout une plus grande longévité des plaquettes par rapport à des patins.

Un peu plus de 40 km avant que la batterie rende l'âme.

Un peu plus de 40 km avant que la batterie rende l’âme.

Pour sa batterie 36 V de 11,6 Ah, le fabricant annonce une autonomie comprise entre 80 et 100 km. Nous avons mesuré une autonomie de 40,75 km sur un parcours essentiellement plat avec l’assistance réglée au maximum (niveau 3), pour un pilote pesant environ 80 kg avec un sac à dos et en appuyant au minimum sur les pédales, sauf lors des redémarrages. Cette autonomie est très bonne pour un vélo pliant de moins de 20 kg.

La tige de selle intégrant la batterie mesure 80 cm de long... pas très pratique à transporter.

La tige de selle intégrant la batterie mesure 80 cm de long… pas très pratique à transporter.

Le connecteur de charge sur le devant.

Le connecteur de charge sur le devant.

La recharge de la batterie peut s’effectuer directement sur le vélo ou en retirant la batterie. Le chargeur 42 V / 2 A (84 W) est très lent et il nous a fallu 6 h 37 min pour la recharger complètement.

Points forts

  • Maniable.

  • Bonne autonomie.

  • Port USB sur la console.

  • Éclairage efficace en ville.

Points faibles

  • Pas de conformité européenne : interdit sur la voie publique !

  • Peu confortable pour les personnes de plus de 1,75 m.

  • Poignées trop rigides.

  • Vitesse maximale limitée à 22 km/h.

  • Roule difficilement plié (pour les déplacements à pied).

  • Pas d’antivol pour la batterie.

  • Manque de couple.

  • Recharge longue.

  • Écran peu lisible.

  • Vélo difficile à sécuriser avec un antivol (manque de prise sur le cadre).

Sur le papier, le Fiido D11 a tout pour plaire. Dans la pratique, on sent que la marque chinoise manque un peu d’expertise dans le domaine. Si le rapport prestation/prix est bon, le vélo manque à la fois de confort et de rigidité. Bref, à son guidon, on ne prend pas vraiment de plaisir, mais il fait le travail avec un moteur suffisamment puissant et une très bonne autonomie pour un modèle pliant. Problème, vendu en l’état, notre modèle de test avec gâchette d’accélération est tout simplement interdit sur la voie publique, faute de certification. D’où la sanction d’une note à seulement une étoile. Le prochain modèle du fabricant, le Fiido X, aura tout intérêt à corriger les quelques défauts du D11 et à afficher une conformité pour espérer percer en Europe.

Sous-Notes

  • Confort et ergonomie

  • Conduite

  • Autonomie



Source [ Les numériques ]