À l’occasion de la dernière rentrée du Parlement avant le scrutin d’avril 2022, le premier ministre accueille mardi soir à Matignon les élus de LREM, du MoDem et d’Agir.

La mobilisation des troupes vaut bien une réception dans les grands salons de Matignon. Jean Castex doit accueillir mardi soir, à 20 heures, les quelque 320 députés, sénateurs et eurodéputés de la majorité présidentielle. Un exercice auquel le premier ministre ne s’est prêté qu’à une occasion, en juillet 2020, face à des élus dubitatifs après sa nomination à la tête du gouvernement.

Cette fois, en cette ultime rentrée du quinquennat, «il rappellera les priorités de l’exécutif pour la fin de la législature», explique son entourage. Mesures sur la sécurité, réforme de l’irresponsabilité pénale, «revenu d’engagement» pour les jeunes, plan d’investissement massif… Le chef de la majorité devrait évoquer les derniers chantiers prévus au Parlement avant la suspension de ses travaux, en février prochain. À ce programme chargé a été ajouté un projet de loi visant à proroger le passe sanitaire au-delà du 15 novembre, annoncé mardi par Matignon.

«Première armée mobilisable»

Mais Jean Castex entend aussi «envoyer un message politique» lors de sa prise de parole, prévient-on dans son entourage. L’objectif, à quelques mois des élections présidentielles et législatives d’avril et juin 2022 : ressouder les parlementaires de La République en marche (LREM), ainsi que leurs alliés MoDem et du parti de centre droit Agir. Des élus toujours à la recherche des clés d’une «maison commune», ce projet inabouti d’unification des composantes de la majorité.

«Les députés sont la première armée mobilisable pour la présidentielle», explique un pilier de la majorité, «ils ont le maillage territorial le plus important». À eux, donc, de vanter le bilan du quinquennat dans leur circonscription, à grand renfort de tracts – un million de documents titrés «5 ans de plus» doivent être distribués aux Français.

La stratégie a déjà été théorisée par Emmanuel Macron, qui l’a explicitée devant ses ministres le 8 septembre dernier : «Cent jours pour défendre le bilan, cent jours pour la séquence électorale». Avec le souci de l’«efficacité», mais aussi de l’«unité» et de la «collégialité». Le message s’adressait aussi aux élus de la majorité.



Source [ Le figaro ]