Matthieu Garrigou-Lagrange s’entretient avec Marcelle Padovani auteure de « Mafia, mafias » paru en 2009 aux éditions Découvertes/Gallimard et Philippe di Folco, auteur du « Dictionnaire des mafias et du crime organisé » publié en 2021 aux éditions Perrin.

La mafia n’aurait pas pu traverser les époques et les pays sans son auréole de bienfaitrice des plus pauvres et son habileté à se placer au cœur même des Etats. Comme une plante vivace, elle s’adapte à tous les régimes, à condition qu’ils ne soient pas trop progressistes ni trop révolutionnaires. Elle plonge ses racines au sein des Etats et des institutions et, en échange de services, règne sur le commerce de l’alcool pendant la prohibition comme elle le fera plus tard sur la drogue.  Secrète, pétrie de valeurs et de rituels, la mafia se décline en familles super puissantes assises sur des empires financiers. Un phénomène criminel qui joue le  rôle d’ascenseur social et que ni le maxi procès instruit par le juge Falcone, ni nos sociétés modernes ne parviennent à éradiquer, mais juste à rendre plus invisible encore.





Source [ France culture ]