Le géant pétrolier anglo-néerlandais Royal Dutch Shell réduit ses activités de production aux Etats-Unis. Il a annoncé lundi la cession de son exploitation de gaz et de pétrole de schiste dans le bassin permien (le bassin sédimentaire qui s’étend de l’ouest du Texas au Nouveau-Mexique) à l’américain ConocoPhillips. Le montant de l’opération s’élève à 9,5 milliards de dollars, et sera payée en numéraire. Shell avait acheté ces activités en 2012 à Chesapeake Energy pour quelque 1,9 milliard de dollars.

175.000 barils par jour

L’activité cédée s’étend sur une surface de presque 1.000 km2 au Texas, comporte 1.000 km de pipelines servant à transporter du pétrole, du gaz mais aussi de l’eau. La production avoisine les 175.000 barils par jour. De son côté, ConocoPhillips, déjà présent dans cette zone qui concentre 40% de la production pétrolière des Etats-Unis, renforce avec cette acquisition sa position dans le bassin permien après le rachat en janvier de son compatriote Concho Resources.

Selon le communiqué de Shell, 7 milliards de dollars du montant de la cession seront reversés aux actionnaires, en partie via un programme de rachats d’actions, le restant servant à consolider la situation financière du groupe. Les investisseurs appréciaient l’opération, le titre Shell progressait de plus de 3% en fin d’après-midi à la Bourse d’Amsterdam.

Comme tous les autres majors pétrolières, Shell est confronté au défi de la transition énergétique qui veut substituer les énergies renouvelables aux énergies fossiles, émettrices de gaz à effet de serre. La compagnie, dont la santé économique dépend encore largement des profits générés par la vente des hydrocarbures, affirme vouloir devenir neutre en carbone d’ici 2050.

Un rapport pour décarboner l’aviation

Dans cette optique, Royal Dutch Shell a indiqué vouloir débuter d’ici 2025 la production à grande échelle de carburant durable pour l’aviation, une démarche destinée à encourager les compagnies aériennes mondiales à réduire leurs émissions. La compagnie a produit avec le cabinet Deloitte un rapport sur le sujet : » Décarboner l’aviation : décollage autorisé ».

Shell vise une production de 2 millions de tonnes de carburant aérien durable d’ici 2025, soit dix fois plus que la production totale mondiale actuelle. Avec le recours à ce type de carburant, fabriqué notamment à partir d’huiles de cuisson usagées, les émissions du secteur aérien, qui représentent 3% des émissions mondiales, pourraient diminuer jusqu’à 80%, selon la major.

Ce carburant durable pouvant être mélangé avec le carburant classique utilisé par les avions et ne nécessitant pas de changements majeurs à apporter aux moteurs des appareils, Shell souhaite que, d’ici 2030, 10% de ses ventes de carburant au secteur aérien concernent du carburant « vert ».

Dans sa stratégie d’adaptation de ses activités à la transition écologique, le groupe a annoncé se déployer dans les réseaux de recharge pour voitures électriques. Il a pour objectif l’installation de 50.000 stations de recharge aux Royaume-Uni d’ici 2025.

(avec agences)