Fraîchement lancé en cette rentrée 2021, l’ATH-M50xBT2 porte en lui l’héritage de la lignée M50 et se positionne comme le porte-étendard du savoir-faire audio de la marque japonaise auprès du grand public sur le marché des casques nomades Bluetooth. Cela n’étonne donc personne qu’Audio Technica mette en avant l’histoire de cette gamme pour se démarquer : un son « studio » conjugué à une « expérience d’écoute sans-fil exaltante » sont les premiers arguments mis en avant.

Cette « v2 » n’apporte pas de véritables changements sur le plan acoustique, toutes les nouveautés se concentrant sur l’amélioration de l’expérience d’utilisation du casque : connexion multipoint, port USB-C, meilleure qualité d’appel, autonomie encore plus généreuse, compatibilité avec le codec LDAC, application smartphone pour étendre les possibilités de personnalisation… et tout cela sans voir le prix de commercialisation augmenter. Au contraire, le M50xBT2 est commercialisé à 199 €, soit 20 € de moins que son prédécesseur à son lancement.

Tous les ingrédients semblent donc réunis pour faire de cet ATH-M50xBT2 un très bon casque nomade, et c’est ce que nous allons tâcher de vérifier au cours de ce test…

Fabrication & accessoires

L’ATH-M50xBT2 est rigoureusement identique à ses prédécesseurs en matière de design. Capitalisant encore et toujours sur son patrimoine “studio/monitoring”, ce casque fait donc dans le fonctionnel, au risque de ne pas être le plus élégant et le plus discret qui soit. Il n’y a pas grand-chose que l’on puisse lui reprocher sur la robustesse globale et sur la maniabilité : l’arceau résiste sans broncher aux torsions et les charnières autorisent à la fois un pivot ultra généreux des oreillettes aussi bien sur l’axe horizontal que vertical, tout en permettant à ces dernières de se replier vers l’arceau.

L’aspect “brut de décoffrage” et massif de l’ATH-M50xBT2 — ainsi que le petit effet “bulldog” du revêtement similicuir de l’arceau quand le casque est porté — ne seront en revanche pas du goût de tous… D’un point de vue purement objectif, il aurait quand même été bien vu de retravailler un peu plus les finitions pour cette version, notamment au niveau des jointures.

Sans être foisonnante, la liste des accessoires est en phase avec ce que l’on peut attendre d’un casque de cet acabit : pas d’étui rigide, mais une pochette souple de transport est fournie pour accueillir le casque et ses deux câbles détachables (un petit câble USB-C vers USB-A et un câble mini-jack d’environ 1,2 m).

Sans changement fondamental de design, l’ATH-M50xBT2 prodigue ainsi la même expérience de confort que son prédécesseur. Le gabarit assez impressionnant du casque d’Audio Technica ne se ressent jamais sur la tête : le poids du casque (310 g) est très bien équilibré, tout comme les points de pression et effets de pince qui restent d’ailleurs discrets. Le déploiement généreux de l’arceau cranté du casque permet à ce dernier de trouver sans aucun problème sa place sur la tête, grande ou petite.

Le contact avec les coussinets en similicuir est un poil rugueux à la première utilisation, mais ces derniers s'assouplissent rapidement. Ils sont d’ailleurs détachables, contrairement au revêtement qui protège l’arceau.

Le contact avec les coussinets en similicuir est un poil rugueux à la première utilisation, mais ces derniers s’assouplissent rapidement. Ils sont d’ailleurs détachables, contrairement au revêtement qui protège l’arceau.

Les oreillettes ne laissent pas une place monstre pour loger ses oreilles, mais elle reste suffisante sur le plan de la largeur et de la hauteur. La bonne épaisseur des coussinets permet un contact agréable, à défaut de laisser respirer les oreilles. La place en profondeur est un peu juste et il n’est pas rare que le pavillon de l’oreille, notamment au niveau de l’hélix, se plaque un peu contre la grille protégeant le haut-parleur. Fort heureusement, cet élément est protégé par un revêtement doux en tissu, et il est donc rare que l’on subisse une gêne à ce niveau.

Expérience d’utilisation

Comme nous l’évoquions en présentation de ce test, la seconde version de cet ATH-M50xBT se justifie en grande partie par de nombreux changements ergonomiques qui rendent le casque très agréable à utiliser au quotidien.

La prise en main est enfantine. De nombreuses alertes sont intégrées pour guider l’utilisateur. À moins d’être absolument anglophobes — les aides vocales n’étant uniquement proposées qu’en anglais —, les débutants n’auront aucun mal à s’y retrouver. Le casque héberge une ligne de 4 boutons mécaniques qui permettent d’accéder à tous les contrôles essentiels, et même un peu plus : le bouton circulaire est en effet dédié au réveil de l’assistant vocal du smartphone, et peut même servir de raccourci pour interagir avec Amazon Alexa, puisque le casque affiche une compatibilité avancée avec cet assistant. Comme c’était le cas sur le précédent modèle, on peut encore pointer les quelques difficultés à différencier parfois certains boutons entre eux, mais le bouton circulaire apparu sur ce modèle sert tout de même de repère pour trouver plus instinctivement le bon bouton.

Pour ceux qui désirent aller plus loin, Audio Technica a réservé de belles surprises grâce à son application Audio Technica Connect (iOS/Android). Celle-ci nous fait en effet le plaisir d’offrir toute une palette de fonctionnalités et de réglages avancés pertinents tout en conservant une interface simple et intuitive. On y trouve les classiques indications de niveau de batterie, de volume, quelques guides d’utilisation, la possibilité de localiser plus facilement son casque ou encore de sélectionner le codec Bluetooth (SBC, AAC ou LDAC lorsque l’appareil de lecture le permet). Mais ce n’est pas tout…

Application Audio Technica Connect (Android).

Application Audio Technica Connect (Android).

L’application permet d’affiner plus ou moins le pas du réglage du volume du casque (sur 16, 32 ou 64 niveaux) : une délicate attention qui évite certaines frustrations. La réponse en fréquence du casque est personnalisable avec plus ou moins de finesse : les néophytes ont a leur disposition quelques préréglages intégrés, les personnes plus à l’aise peuvent se frotter à l’EQ graphique à 5 bandes, tandis que les nerds de l’audio peuvent jouer avec les paramètres plus précis offerts par l’EQ paramétrique. Visiblement très soucieux du détail, Audio Technica a aussi placé un contrôle de balance gauche/droite, une option d’activation du retour du son du microphone pour les appels, et un mode Faible Latence, dont nous analyserons la pertinence plus loin dans ce test.

Application Audio Technica Connect (Android).

Application Audio Technica Connect (Android).

Comme tout bon casque nomade moderne qui se respecte, l’ATH-M50xBT2 est évidemment utilisable en sans-fil via Bluetooth, la connexion n’ayant montré absolument aucune faiblesse au cours de notre période de test. Pour notre plaisir, la fonction multipoint fait son apparition sur ce modèle et permet au casque de se connecter simultanément à deux appareils sources. Le casque est aussi utilisable en filaire via mini-jack. Un petit regret est toutefois à noter à ce niveau : la télécommande et le micro qui étaient intégrés sur le câble fourni avec le ATH-M50xBT ne sont plus, ce qui limite les possibilités en utilisation passive/filaire (casque éteint).

Aucune surprise pour ce qui est des performances sonores de l’ATH-M50xBT2 puisqu’elles sont extrêmement proches de celles de l’ATH-M50xBT premier du nom. Nous vous conseillons la lecture du test de ce dernier afin de vous faire une idée la plus précise possible. Dans les grandes lignes, le casque offre une belle expérience d’écoute avec une signature légèrement flatteuse, mais maîtrisée, une très bonne reproduction de la scène sonore, le tout combiné à un respect de la dynamique et des timbres très satisfaisant. Il n’y a que quelques menus défauts de précision, occasionnant parfois quelques problèmes de confusion, qui l’empêchent de prétendre à la note ultime.

Mesure de la réponse en fréquence : sans EQ (noir), avec un exemple d'EQ (vert)

Mesure de la réponse en fréquence : sans EQ (noir), avec un exemple d’EQ (vert)

En effet, sans aucune intervention de l’utilisateur sur l’EQ de l’application — et de facto aussi en utilisation passive —, l’ATH-M50xBT2 opte pour une signature en W relativement subtile et qui conserve très convenablement le timbre des instruments. C’est dans les extrêmes basses/basses que cette coloration sonore se ressent avant tout : les basses ont un aspect plus chaleureux et rond. Fort heureusement, cette mise en valeur ne se fait jamais au détriment des fréquences supérieures. L’extension dans les plus basses fréquences est toujours impeccable, l’assise et la sensation d’impact sont très bien retranscrites.

Mesure de la réactivité des membranes : ondes carrées à 50 Hz.

Mesure de la réactivité des membranes : ondes carrées à 50 Hz.

Quand bien même l’on souhaiterait des basses plus neutres (plus “sèches” ou plus “plates”), ce qui est maintenant possible grâce à l’EQ, le petit manque de réactivité des haut-parleurs de la série ATH-M50xBT demeure encore. On note ainsi, après chaque attaque, un moment de flottement plus ou moins marqué avant que les membranes se stabilisent parfaitement. Cela se traduit par des impacts un brin moins ciselés, des petites “résonances” (qui renforcent d’ailleurs la rondeur des basses) et, sur certains mixages très chargés, un peu de confusion dans cette zone. L’identification de certains instruments n’est pas toujours aussi instinctive qu’espérée, comme c’est par exemple le cas sur le morceau Pan de Plini : les coups de tom basse, de grosse caisse, les notes de basse, et même de guitare à certains moments, nécessitent un peu plus d’attention pour être bien distingués.

Mesure de la réactivité des membranes : ondes carrées à 500 Hz.

Mesure de la réactivité des membranes : ondes carrées à 500 Hz.

Bien que l’on touche ici le domaine du très subtil, l’intervention de l’EQ permet de redonner un tout petit peu plus d’équilibre dans les médiums pour parfaire la reproduction des timbres qui, comme on l’a dit, est déjà très bonne. Comme pour les basses, ce changement d’ordre fréquentiel n’a aucun effet contre le léger manque de précision que l’on ressent encore dans les hauts-médiums. Le “chuintement” audible sur les voix, mais aussi sur d’autres instruments comme le charleston, le saxophone ou la trompette, n’est pas particulièrement agréable à l’écoute et peut même parfois être légèrement dérangeant à un volume d’écoute généreux, sur des morceaux riches en harmoniques (avec des guitares électriques, des voix très saturées et des cymbales très présentes, par exemple). Quoi qu’il en soit, cela ne gâche fondamentalement pas le plaisir d’écoute que procure le casque et notamment la manière dont il reproduit la scène sonore : tous les éléments sont positionnés naturellement, aussi bien sur le plan de la largeur que de la profondeur, et l’on distingue sans difficulté les sources discrètes et les effets de pièce (réverbération, écho).



Source [ Les numériques ]