Pour Damien Abad, cette affaire est «le symbole du recul de la France sur la scène internationale». La commission d’enquête a toutefois été refusée par le Palais Bourbon.

«On a besoin de savoir parce que ce sont des milliers d’emplois, ce sont des milliards d’euros qui sont perdus et c’est surtout l’humiliation que la France a subie sur la scène internationale.» Mardi 21 septembre au matin sur Sud Radio, le député de l’Ain et président du groupe Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale, Damien Abad, s’est interrogé sur la responsabilité française dans la rupture du «contrat du siècle» entre la France et l’Australie. Le député demande la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire, «pour faire la lumière sur les dysfonctionnements, si dysfonctionnements il y a eu, dans la diplomatie française». Un vœu pieux a priori, car les groupes de députés ont épuisé leur droit de tirage.

Ce contrat international de plus de 56 milliards d’euros comprenait notamment la vente de sous-marins français à l’Australie. Son annulation fait suite au nouveau partenariat de sécurité entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. La première mesure de ce «pacte» entre les trois grandes puissances est en effet la livraison à l’Australie de sous-marins à propulsion nucléaire américains.

«Symbole du recul de la France»

Interrogé samedi sur France 2, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian évoquait alors une «rupture majeure de confiance» entre Paris et Washington. Pour Damien Abad, «ce qui est sûr c’est que ça ne se fait pas entre alliés. C’est aussi le symbole du recul de la France sur la scène internationale.»

Dans la foulée de cette demande, l’option d’une commission d’enquête a finalement été balayée, au motif que les parlementaires ne disposent plus de «droit de tirage» – droit qui reconnaît à l’opposition la possibilité de créer une commission une fois par session ordinaire. À cinq mois de la fin du temps parlementaire, seuls le président de l’Assemblée nationale et la conférence des présidents peuvent faire cette demande.

«Je n’avais aucun doute sur le fait que cette commission d’enquête allait être refusée par le pouvoir en place», a soupiré Damien Abad au micro de Public Sénat. «On voit bien qu’on veut très vite mettre la poussière sur le tapis, mais on a besoin de comprendre», a-t-il insisté.

Désormais, le député compte sur ses homologues de la Chambre Haute pour se saisir du dossier. Mardi, la sénatrice (Union Centriste) Nathalie Goulet a d’ailleurs fait la même demande, en soulignant «l’humiliation mondiale» subie par la France dans cette affaire. Pour l’élue, les parlementaires sont «totalement dans leur rôle», car «c’est l’ensemble de la population qui est discréditée par cette humiliation».





Source [ Le figaro ]