D’après le New York Times, le réseau social a opté pour une stratégie plus offensive face aux critiques qui s’accumulent au sujet de sa responsabilité dans la diffusion de fausses informations et de contenus haineux.

L’image de Facebook n’a jamais été aussi écornée. L’entreprise, régulièrement visée pour sa passivité face à la diffusion de contenus antivax, pour son rôle dans l’invasion du Capitole, ou, en France, pour sa possible responsabilité dans la mort de Samuel Paty, veut désormais se défendre. Selon le New York Times, qui a pu échanger avec six salariés ou anciens salariés de Facebook, la plateforme compte désormais faire son autopromotion.

“Personne ne viendra les défendre”

Le quotidien américain évoque une initiative baptisée “Project Amplify”, validée par Mark Zuckerberg lui-même afin que l’entreprise reprenne la main sur ce qui peut se dire ou s’écrire sur elle, avec une double stratégie: d’une part diffuser des contenus vantant ses mérites sur le fil d’actualité de ses utilisateurs, d’autre part amenuiser les données permettant aux journalistes et chercheurs de comprendre son fonctionnement.

Toujours d’après le New York Times, le projet de Facebook consiste à diffuser sur le fil d’actualité des internautes des articles écrits par ses équipes, mais aussi de mettre en avant des articles de presse jugés favorables pour son image.

“Ils se rendent compte que personne ne viendra les défendre et qu’ils doivent donc le faire eux-mêmes” analyse Katie Harbath, ancienne directrice des affaires publiques de Facebook, auprès du journal américain.

Parallèlement à ces mesures de communication, Facebook souhaite limiter les possibilités offertes aux analystes indépendants. L’entreprise possède notamment un logiciel baptisé CrowdTangle, utilisé par des journalistes et chercheurs et destiné à l’analyse statistique des publications.

Les outils d’analyse dans le viseur

C’est notamment grâce à ce logiciel que BFMTV avait pu établir que les publications mensongères de Donald Trump sur l’élection présidentielle américaine de 2020 figuraient toujours parmi les plus populaires au lendemain de l’attaque du Capitole, mais aussi qu’une vidéo complotiste et ouvertement antivax pouvait arriver en tête des publications les plus populaires en France au sujet du vaccin.

Face à la mise en lumière de la popularité des publications mensongères et complotistes, le New York Times assure que Facebook a affecté les équipes de CrowdTangle à d’autres tâches, sans que l’on sache pour le moment si l’outil perdurera dans le temps. Cet été, l’entreprise avait par ailleurs supprimé les comptes de chercheurs de l’Université de New York qui étudiaient la désinformation sur le réseau social.

Interrogé, un responsable de Facebook a estimé que les gens “méritent de connaître les mesures prises face aux différents problèmes” auxquels est confrontée l’entreprise, confirmant que la communication à ce sujet serait diffusée “largement”.



Source [ BFMTV ]