Lionel Gougelot

Alors que cinq millions de Français de plus de 12 ans ne sont toujours pas vaccinés, les vaccinodromes ferment les uns après les autres. Dans le Nord, les professionnels s’adaptent pour réduire la voilure sans empêcher les derniers adultes non-vaccinés de recevoir une injection.

REPORTAGE

Assiste-t-on à la fin des vaccinodromes, alors que le cap des 50 millions de Français primo-vaccinés a été franchi ? Celui de Lille, installé depuis 5 mois au Zénith et dans lequel 312.000 doses ont été injectées, a fermé ses portes samedi. Il sera remplacé par un centre redimensionné situé au CHR de la métropole. Celui de l’hippodrome de Marcq-en-Barœul, 250.000 doses injectées, fermera quant à lui ses portes samedi prochain. Le gabarit de ces dispositifs ne correspond plus aux besoins du moment dans le contexte d’une vaccination qui marque le pas.

Des effectifs divisés par quatre

Dans le vaccinodrome de Marcq-en-Barœul, les dernières injections ont lieu avant la fermeture, en fin de semaine. On y trouve des candidats aux vaccins de plus en plus rares et parfois résignés : « On est venus un peu à la dernière minute quand on se sentait vraiment contraints parce qu’on avait le droit de ne plus rien faire. Avec le chantage, on l’a fait », lâche une personne nouvelle vaccinée. « À la base, on était vraiment déterminés à ne pas le faire du tout. »

La plupart des boxes sont fermés. Il y a ainsi eu 280 piqûres dimanche dernier, quand on en comptait plus de 2.000 par week-end. Le dispositif n’est clairement plus adapté. « Il y avait huit postes de médecins et huit postes d’infirmières piqueurs ou piqueuses. Là, aujourd’hui, on travaille avec deux postes de médecins et deux postes de piqueuses », illustre Jean-François Claerbout, médecin coordonnateur. « On va donc se retrouver dans une structure beaucoup plus petite en acceptant aussi sans problème les gens. »

Les lignes « prêtes à être réactivées »

Mais si la généralisation de la troisième dose l’exige, le docteur Charani, chargé de deux centres dans la métropole lilloise, est prêt à relancer une vaccination à grande échelle : « Dès que le besoin se présente, nous sommes prêts à réactiver toutes les lignes qu’on a arrêtées pour atteindre 500 à 800 vaccinations par jour, sans aucun problème. Les soignants sont là, les mairies sont avec nous et on va avoir les salles jusqu’à la fin d’année pour voir un peu plus. » Pour l’heure, cependant, les centres de proximité suffisent largement pour la vaccination des derniers retardataires.



Source [ Europe 1 ]