L’équipementier subit les fermetures d’usines de certains fournisseurs au Vietnam et en Indonésie et les problèmes de congestion dans les transports.

L’équipementier Nike, qui subit de plein fouet les fermetures d’usines de certains fournisseurs au Vietnam et en Indonésie et les problèmes de congestion dans les transports, a prévenu que certains de ses produits pourraient à court terme n’être plus disponibles immédiatement. «Les semaines de production perdues, combinées à des temps de transit plus long, vont conduire à une pénurie de stocks (de chaussures et vêtements) sur le marché au cours des prochains trimestres», a indiqué le directeur financier du groupe Matt Friend lors d’une conférence téléphonique.

Nike avait déjà prévenu en juin s’attendre à ce que le transport de ses marchandises soit affecté pendant plusieurs trimestres. «Malheureusement, cette situation a encore empiré» au cours de la période allant de juin à août, a indiqué Matt Friend. Les retards s’accumulent au niveau des ports comme des trains, il manque des containers et du personnel. Avant la pandémie, il fallait environ 40 jours pour transporter un produit d’Asie en Amérique du Nord. Il en faut environ 80 actuellement.

Le groupe a par ailleurs dû faire face, pendant ces trois mois, à la fermeture des usines de plusieurs fournisseurs asiatiques. Si les activités ont repris en Indonésie, «presque toutes les usines fabriquant des chaussures au Vietnam restent fermées par les autorités», a indiqué Matt Friend. Et près de la moitié des usines fabriquant des vêtements n’ont toujours pas redémarré. «Nous avons déjà perdu environ dix semaines de production», a indiqué le directeur financier. Une fois rouvertes, il faudra du temps aux usines pour revenir à un fonctionnement habituel.

Nike a donc abaissé ses prévisions: le groupe s’attend désormais à une croissance de ses ventes d’environ 5% pour son année comptable terminant fin mai 2022, contre 10% à 15% auparavant. L’entreprise pense que la situation au niveau des inventaires devrait s’améliorer à l’approche de l’année comptable commençant en juin prochain. L’action de l’équipementier américain perdait plus de 3% dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse de New York.

Le groupe a aussi fait part jeudi de résultats trimestriels contrastés pour la période allant de juin à août, son premier trimestre comptable. Son bénéfice a augmenté de 23% pour atteindre 1,87 milliard de dollars. La marque à la virgule, qui avait pâti au plus fort de la pandémie de la fermeture des magasins puis de la suspension de la plupart des activités sportives, a parallèlement vu son chiffre d’affaires progresser de 16% à 12,25 milliards de dollars. Il a été tiré à la fois par les ventes dans ses propres magasins, qui sont repassées au-dessus de celles du même trimestre en 2019, et par la croissance continue des ventes en ligne. Mais les analystes s’attendaient à un chiffre d’affaires plus élevé à l’approche de la rentrée, à 12,46 milliards de dollars.

La demande pour les produits Nike reste «incroyablement élevée et nos résultats pour le premier trimestre auraient été encore plus forts si on n’avait pas dû faire face à la congestion de la chaîne d’approvisionnement», a souligné Matt Friend. Cela «a conduit à un manque de produits disponibles», a-t-il ajouté. Le groupe a aussi indiqué que les coûts de ses produits avaient augmenté «principalement à cause de la hausse des coûts de transports». Les frais généraux de l’entreprise ont pour leur part augmenté de 15%, en partie en raison de la hausse des dépenses salariales.



Source [Le figaro ]