Le nom fait peur mais la réalité est loin de correspondre à un film d’épouvante. La maladie de Lyme est en effet une affection plus rare qu’on le pense, et qui se soigne très bien. En revanche, elle fait l’objet d’un sur-diagnostic manifeste, qui parfois s’accompagne de traitements inutiles. Le professeur Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à la Pitié-Salpêtrière, à Paris, a fait le point jeudi dans l’émission Bienfait pour vous sur Europe 1. 

« La maladie de Lyme est due à une bactérie transmise par une tique qu’on trouve plutôt dans les parcs, les forêts et les jardins », explique d’abord Éric Caumes. « Il y a près de 1.000 espèces de tique mais une seule transmet la maladie. » Avec une prévalence qui dépend du territoire. Ainsi, on observe surtout des infections en Alsace-Lorraine, dans le Massif Central et le Limousin, mais quasiment aucune sur le pourtour méditerranéen. Par ailleurs, « il faut un temps de contact suffisamment long, au moins 2 heures, et probablement plus, entre la tique et la peau pour que la transmission se fasse ».

Une tache sur la peau, avant des problèmes articulaires et neurologiques

Les premiers symptômes sont d’abord l’apparition d’une tache autour de la piqûre. « C’est une lésion, une tache rosée pas très rouge, qui va s’étendre progressivement de façon centrifuge avec un halo périphérique un peu plus dense », décrit le spécialiste, également auteur du livre Maladie de Lyme, réalité ou imposture chez Bouquins Editions.

Après ce stade cutané, « la bactérie se dissémine dans l’organisme » et là, « vous pouvez avoir des signes généraux » comme de la fatigue ou, plus exceptionnellement, de la fièvre. « Puis, cela se focalise autour d’organes cibles, qui sont principalement les articulations et le système neurologique », explique Éric Caumes. « Ce qu’on risque de plus grave, ce sont des méningites ou des encéphalites. »

Et si ces mots font peur, à raison, le spécialiste se veut rassurant. « Cela se soigne bien. Trois antibiotiques sont efficaces, avec des taux de guérison de plus de 95%. » Inutile donc, comme lui l’a observé dans sa pratique du métier, de saisir une ordonnance d’opiacés, d’anti-inflammatoires ou d’antidouleurs. La maladie de Lyme « occasionne moins de 1.000 hospitalisations par an », ce qui n’est donc que très peu. En revanche, elle est souvent confondue avec d’autres maladies rhumatologiques, comme l’arthrose, ou neurologiques, comme Parkinson. D’ailleurs, le professeur Caumes estime que 90% des patients qui arrivent à lui persuadés d’être atteints ne le sont pas (ce qui ne signifie pas qu’ils ne souffrent pas d’autre chose).

Que faire lorsqu’on est piqué par une tique ?

Mais alors, comment réagir en cas de doute ? « Si jamais on est piqué par une tique, il faut l’enlever, de préférence avec un tire-tique (avec la pince à épiler, mieux vaut être vraiment très habile), la prendre en photo et l’envoyer sur le site citique.fr », indique le professeur Caumes. Une réponse viendra très vite pour dire s’il s’agit de l’espèce de tique qui peut transmettre la maladie de Lyme. Si c’est le cas, pas de panique ! Il faut surveiller l’endroit de la piqûre pour veiller à l’apparition de la fameuse tache rosée.

Seule une prise de sang pourra confirmer la présence de la bactérie responsable de la maladie de Lyme. Par ailleurs, un vaccin, actuellement en phase de test, devrait être commercialisé prochainement.



Source [ Europe 1 ]