Le poids lourd anglais a perdu ses couronnes WBA, WBO et IBF face à l’Ukrainien, monté des lourds-légers en 2018.

Le champion du monde WBA, WBO et IBF des poids lourds Anthony Joshua a été nettement battu aux points et à l’unanimité des juges (117-112, 116-112, 115-113) chez lui, à Londres, par l’Ukrainien Oleksandr Usyk, samedi. Monté en 2019 des lourds-légers où il était champion du monde unifié, Usyk a fait parler sa technique et sa vivacité supérieure face à un Joshua qui n’a jamais trouvé vraiment son rythme dans ce combat.

«Le combat s’est passé exactement comme je le pensais. Parfois, il m’a bousculé, mais jamais trop fort», a assuré Usyk après le match au micro de Sky Sport. «Mon but n’était pas de le mettre KO. Au début je tapais fort pour essayer de le mettre KO, mais mon entraîneur m’a demandé d’arrêter et simplement de faire mon boulot», a-t-il ajouté.

«AJ» et tout le monde de la boxe voient s’éloigner la perspective d’un combat d’unification 100% britannique contre Tyson Fury, le champion WBC, qui doit affronter Deontay Wilder à Las Vegas le 9 octobre. Joshua dispose d’une clause pour un deuxième combat contre Usyk pour essayer de récupérer ses ceintures, comme il l’avait fait en décembre 2019, après la première défaite de sa carrière pro, contre Andy Ruiz Jr en juin 2019. Le bilan du Britannique est maintenant de 24 victoires et deux défaites, alors que Usyk reste invaincu en 19 combats.

Le «Chat» trop vif pour Joshua

Avant de se projeter vers une revanche ou un autre défi, Joshua devra digérer ce rendez-vous raté. Matchroom, le promoteur des deux boxeurs, avait fait les choses en grand, ne lésinant pas sur les feux d’artifice et autres effets pyrotechniques autour de l’entrée de Joshua. Très détendu, il s’était dandiné et avait chantonné l’hymne commandé par l’un de ses principaux sponsors, encourageant de mouvements de bras les quelque 60.000 spectateurs présents dans le Tottenham Hotspur Stadium à faire encore plus de bruit.

Avant lui, le champion ukrainien avait fait son entrée sous les huées dans une tenue évoquant une combinaison de cosmonaute, avec une visière réfléchissante. Autour du ring se trouvait une profusion de sportifs et de personnalités, comme le quadruple champion olympique d’athlétisme, Mo Farah, l’international anglais de football Declan Rice ou des acteurs comme Idriss Elba. Face à un adversaire évoluant en «fausse-patte» – un gaucher avec le poing droit en avant -, plus petit de 7 centimètres et avec une allonge plus courte de 10 cm, le champion s’est d’abord montré plutôt prudent.

Pendant les deux premiers rounds, il surtout cherché la bonne distance avec des jabs du gauche. Mais au troisième, c’est Usyk qui a été le premier à chercher à appuyer ses coups en profitant de sa plus grande vivacité de déplacement et de bras qui lui ont valu le surnom de «Chat», touchant Joshua au visage d’un crochet du gauche à 15 secondes de la cloche.

Un dernier coup d’accélérateur

Il a fallu attendre le 5e round pour sentir le Britannique rentrer dans son combat et devenir plus actif en cherchant à varier ses frappes et travailler aussi au corps. L’Ukrainien, qui n’en était qu’à son troisième combat en lourds, après avoir dominé la catégorie des lourds-légers, a commencé à tâter de plus en plus de la droite de Joshua, perdant le 5e et le 6e round. Il s’est rebellé dans le 7e, faisant reculer sur ses appuis Joshua après un large crochet du gauche à 40 secondes de la fin de la reprise.

À la 10e reprise, les deux boxeurs étaient marqués, l’œil droit de Joshua se fermant alors que du sang coulait d’une coupure au-dessus du même œil chez son adversaire. On sentait que cela pouvait encore basculer des deux côtés, mais Usyk, plus frais, plus actif et plus précis a accéléré et largement remporté les deux dernières reprises, plongeant le Tottenham Hotspur Stadium dans la stupéfaction. Une habitude chez l’Ukrainien qui s’est fait une spécialité d’aller battre ses adversaires chez eux, que ce soit en Allemagne, en Pologne, en Russie, aux États-Unis ou à Londres, comme lors de sa dernière victoire, par décision unanime, contre Dereck Chisora.



Source [ Le figaro ]