Alors que l’on parle tourisme durable et que la période « shame to fly » n’est pas si loin, la certification 4+ obtenue par Aéroports de la Côte d’Azur place le groupe aéroportuaire dans une dynamique qui est loin d’être négligeable, puisqu’il devient ainsi le premier groupe aéroportuaire français à pouvoir se targuer d’un tel niveau d’accréditation. Et, en exemple de ce qui sera l’avenir, l’aéroport du Golfe de Saint-Tropez devient la première plateforme aéroportuaire neutre sans compensation.

Une volonté et des challenges

Deux bonnes nouvelles pour le groupe – majoritairement (à 64%) propriété, depuis la privatisation en 2013, du consortium franco-italien Azzurra, formé du groupe transalpin Atlantia, d’EDF Invest et des aéroports de Rome – qui récolte les fruits de sa stratégie développement durable.

Car si Aéroports de la Côte d’Azur s’est clairement positionné comme volontariste sur le sujet, derrière les mots, il y a eu les actions, parfois même des challenges.

La préoccupation liée au développement durable prend ses racines assez loin dans l’histoire puisque le premier sujet – et cela a été, pour le coup, un vrai challenge – commence avec les nuisances sonores liées à l’activité de la plateforme. Un réel point noir – on rappelle que l’aéroport Nice Côte d’Azur est situé en plein cœur de ville – et qui a jalonné les crispations avec les riverains durant de nombreuses années. On est en 1991 et la plateforme aéroportuaire se dote alors d’un service environnement…

En 2016, elle est le premier aéroport français à obtenir la certification neutre carbone, deux ans plus tard, c’est au tour de Cannes-Mandelieu et Saint-Tropez d’obtenir l’Airport Carbone Accreditation niveau 3+.

En affirmant vouloir être neutre carbone à horizon 2030 – soit en avance de deux décennies avec ce qui a été décidé lors de la COP 21 – le groupe a placé des jalons pour atteindre cet objectif dans le timing imposé.

Franck Goldnadel : « Aéroports de la Côte d’Azur est le laboratoire idéal pour imaginer l’aéroport de demain »

Saint-Tropez en figure de proue

Il y a eu notamment, les opérations de reboisement, en périphérie de Cannes-Mandelieu et de Nice, directement sur site pour Saint-Tropez avec comme but celui de créer des puits de carbone naturels, permettant l’absorption jusqu’à 300 tonnes équivalents C02 par an, en tenant compte de la croissance des arbres.

Saint-Tropez qui est une sorte non pas de laboratoire, mais de vitrine de ce que veut le groupe aéroportuaire. Certes, il y a eu la plantation d’arbres – 1.100 précisément, spécifiquement des essences méditerranéennes – mais pas que. Il y a aussi eu l’électrification de la flotte de véhicules et des engins de piste, des bureaux éclairés plus naturellement grâce à des puits de lumière… Et il y a eu, comme promis, le recours aux solutions labellisées par la Solar Impulse, la fondation de Bertrand Piccard. Un contrat avait d’ailleurs été conclu en 2020 avec Antismog, jeune entreprise innovante dont le dispositif à hydrogène permet d’améliorer la combustion du carburant entraînant une réduction de l’ordre de 67% à 97% des émissions de NOx et de particules fines des véhicules.

Vision écosystémique

La stratégie d’Aéroports de la Côte d’Azur c’est de considérer toute la chaîne de la plateforme. C’est le sens du rapprochement effectué avec Aéro Biodiversité, association qui vise à faire des zones entourant les aéroports, des réserves du vivant. A Nice, Cannes-Mandelieu ou Saint-Tropez, le but est de renforcer tout ce qui permet de protéger les espaces animales et végétales. Dans le même ordre d’idée, l’utilisation d’une boucle d’eau tempérée, solution proposée par Dalkia, qui va puiser l’eau de la station d’épuration Haliotis, toute proche, permet d’utiliser les eaux de douches, bains et vaisselle afin de chauffer l’Aéroport Nice Côte d’Azur. Lequel s’est ainsi débarrassé de ses chaudières à gaz. Et on ne parle pas du carburant vert, appelé SAF dans le jargon aéroportuaire, qui est la prochaine étape.

A noter que le groupe annonce une baisse des émissions directes de l’ordre de 4,4% pour Nice Côte d’Azur, de 20% pour Cannes-Mandelieu et 27% pour Saint-Tropez sur la période 2018-2019.