Jacques Serais, édité par Manon Fossat
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Les élections en Allemagne ont vu les sociaux-démocrates sortir vainqueurs d’une courte tête face à la CDU dimanche avec 25,7% des voix. Un scrutin que n’a pas manqué Emmanuel Macron, et ce malgré son déplacement à Lyon avec quelque 200 chefs cuisiniers. Car son résultat est crucial pour l’avenir du couple franco-allemand.

Le parti social-démocrate a remporté les élections législatives en Allemagne marquant la fin de l’ère Merkel avec 25,7% des suffrages, devançant d’une courte tête les conservateurs. La CDU-CSU a recueilli de son côté 24,1% des voix, le plus mauvais résultat de son histoire. Une élection suivie de très près par Emmanuel Macron, qui se trouvait à Lyon en compagnie de 200 chefs cuisiniers mais n’en a pas raté une miette.

Toute la soirée, le chef de l’Etat est en effet resté près de son téléphone. Emmanuel Macron tenait à être informé par textos en temps réel des résultats outre-Rhin et à recevoir des analyses et des synthèses sur la situation et ses conséquences. Une mission confiée à deux conseillers de l’Elysée : le conseiller diplomatique, Emmanuel Bonne, et le conseiller Europe, Alexandre Adam. C’est dire ce que représente la relation qu’il a construite avec la chancelière, explique un proche du président. 

L’enjeu de la coalition

Alors Olaf Scholz ou Armin Laschet ? L’Elysée disait ne pas avoir de préférence tant les deux n’ont cessé de revendiquer une certaine continuité à Angela Merkel. Ce qui importe surtout à Emmanuel Macron, c’est ce qui se joue maintenant. La formation d’une coalition sera-t-elle dominée par la droite et les libéraux, ou bien plutôt par la gauche et les Verts ?

Une question stratégique pour le chef de l’État, alors que dans un peu plus de trois mois il prendra la présidence de l’Union européenne et qu’il compte bien s’appuyer sur un couple franco-allemand toujours aussi fort. Mais en attendant, l’Elysée s’abstient de tout commentaire. Avant de s’exprimer publiquement, Emmanuel Macron veut en effet attendre que le futur chancelier soit investi au Bundestag.

La France espère avoir « vite » un chancelier allemand « fort » à ses côtés pour faire avancer l’Europe durant sa présidence de l’UE, a déclaré de son côté lundi le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes. « On a un intérêt français à avoir vite un gouvernement allemand fort en place », a souligné Clément Beaune sur la chaîne France 2, alors que de difficiles négociations vont s’engager en Allemagne pour la formation d’une coalition gouvernementale.



Source [ Europe 1 ]