Alors que les tarifs réglementés du gaz appliqués par Engie -et qui concernent environ un tiers des 10,7 millions d’abonnés au gaz-, vont une nouvelle fois bondir au 1er octobre, de 12,6% TTC, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a annoncé ce mardi sur Europe 1 que l’exécutif « travaille à des mesures supplémentaires » pour aider les Français confrontés à une flambée du prix du gaz. « Je ne veux pas entrer dans les détails mais on travaille à des mesures supplémentaires », a-t-il précisé.

Une flambée majeure des prix du gaz

Depuis maintenant plusieurs mois, le prix du gaz connaît une augmentation préoccupante. En France, les tarifs réglementés du gaz avaient déjà augmenté de 10% en juillet, puis de 5% en août et de 8,7% au 1er septembre. Et le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, interrogé ce matin sur Cnews, a affirmé que « cette hausse des prix du gaz va probablement durer plusieurs mois », et a précisé qu’elle impactera à coup sûr l’automne 2021 et l’hiver 2021-2022.

En cause de cette hausse des prix du gaz, une demande mondiale qui explose dans un contexte de reprise économique très forte, et une offre qui ne suit pas, puisque les stocks européens sont au plus bas, et que l’Europe fait face à une incapacité de la Norvège et de la Russie, principaux pays producteurs, à augmenter les livraisons. Ces pays producteurs doivent en effet également satisfaire la demande asiatique pour le gaz naturel liquéfié (GNL), qui est en plein essor.

Des mesures dans la continuité du « chèque énergie »

L’annonce ce jour du porte-parole du gouvernement sur Europe 1 concernant la mise en place prochaine de nouvelles mesures pour pallier à la hausse du prix du gaz, intervient alors que le gouvernement a déjà tenté d’apporter une première réponse avec le chèque énergie.

Pour tenter de limiter les impacts de la hausse des prix du gaz sur le pouvoir d’achat des Français, le gouvernement avait en effet décidé, il y a deux semaines, d’octroyer en décembre un « chèque énergie » d’un montant de 100 euros à six millions de ménages modestes, sur les 29 millions de ménages que compte la France au total.

La hausse du prix du gaz entraîne une hausse du prix de l’électricité

La spécificité de la hausse des prix du gaz est qu’elle entraîne en outre mécaniquement une hausse des prix de l’électricité. La formule de calcul utilisée au niveau européen pour déterminer le tarif réglementé de l’électricité prend en effet en compte le prix marginal du gaz, ce qui a pour effet d’amplifier encore plus l’impact de la hausse des prix du gaz sur le pouvoir d’achat des ménages.

Une situation que Bruno Le Maire a dénoncé et qualifié d’aberration, affirmant vouloir « transformer en profondeur le marché de l’énergie européen ».

« Nous, en France, on s’approvisionne en électricité à partir des centrales nucléaires et de l’énergie hydraulique, donc on a une énergie décarbonée et un coût très bas, mais le marché fait qu’il y a un alignement des prix de l’électricité en France sur les prix du gaz. Donc, on prend de plein fouet cette augmentation des prix du gaz alors même qu’on a notre indépendance en matière de production électrique: c’est totalement aberrant », a jugé le Ministre de l’Economie.

Le gouvernement surveille de près la hausse des prix de l’énergie

La flambée des prix de l’énergie est surveillée de près par le gouvernement, qui a bien compris que la population ne pourra pas accepter en silence cette dérive haussière. En 2019, c’est d’ailleurs un phénomène similaire, en l’occurence la hausse des prix du carburant, qui avait été le catalyseur de la crise des gilets jaunes.

Parmi les responsables politiques d’opposition, la hausse des tarifs réglementés du gaz fait également réagir. Sur France 2, Ségolène Royal a ainsi tiré la sonnette d’alarmé, déclarant: « C’est une bombe sociale à retardement qui va venir très rapidement, comme les gilets jaunes. C’est plus violent que les gilets jaunes, car cette hausse est bien supérieure à celle de la taxe carbone ».

Conscient que le chèque énergie ne sera pas suffisant pour limiter la hausse des prix du gaz, et indirectement de l’électricité, le gouvernement est donc en train de réfléchir à de nouvelles mesures pour tenter d’y remédier. De son côté, Ségolène Royal a exposé sur France 2 les trois décisions qui sont, selon elle, à prendre, à savoir: « baisser les taxes sur l’énergie, limiter les marges des distributeurs et rétablir le tarif social de l’énergie ».