L’association de consommateurs CLCV a passé au crible 264 yaourts et desserts lactés. Certains sont tellement sucrés qu’ils ne devraient pas être considérés comme des « produits lactés ».

Les Français font partie des plus gros consommateurs de yaourts au monde. En 2019, ce sont près de 23 kilos par personne qui ont été consommés et 15,5 kilos de desserts frais selon FranceAgriMer. Des produits qui représentent les deux tiers du rayon ultra-frais en grande distribution.

6% seulement affichent un A au Nutri-score

Si ces produits sont souvent consommés pour des raisons de santé, ils n’ont souvent pas les qualités nutritionnelles que les consommateurs leur prêtent. C’est ce que révèle une enquête de l’association de consommateurs Consommation Logement Cadre de vie (CLCV).

Les enquêteurs ont passé au crible en mars 2021 quelque 264 yaourts et desserts lactés, de même que leurs versions végétales au lait de soja ou de coco. Le résultat montre que la majorité est loin d’avoir un bon Nutri-score (seuls 33% des produits l’affichent).

Parmi ceux qui donnent le Nutri-Score, une infime minorité (6%) obtient en effet un A (la meilleure note sur le plan nutritionnel). Un quart à peine est gratifié d’un B (26%) et plus de la moitié affiche un C (56%). Ils sont même 12% à obtenir un D ou un E (les plus mauvaises notes).

La faute a un taux de sucre très élevé.

« Les produits de notre enquête contiennent en moyenne 14% de sucre, soit l’équivalent de 3 morceaux de sucre pour un pot individuel de 125 grammes, précise l’association. La palme revient aux desserts lactés d’origine animale (crèmes, mousses, flans…) qui contiennent l’équivalent de 4 morceaux de sucre pour un pot de 125g et qui ont pour 90 % d’entre eux un Nutri-Score C ou D. »

La teneur en sucre des yaourts.
La teneur en sucre des yaourts. © CLCV

Ainsi s’il est recommandé de consommer deux produits lactés par jour, CLCV précise que les desserts lactés de type crèmes desserts n’en font pas partie « car ils sont très sucrés et ont trop peu de lait dans leur recette ».

Beaucoup de sucre et pas toujours des fruits. Sur les 264 produits étudiés, 44 (soit 17%) ne contiennent aucune trace de fruits, chocolat, café mais seulement des arômes.

De manière générale, huit produits étudiés sur 10 contiennent des arômes même s’ils sont principalement naturels.

« Ce sont les desserts végétaux qui contiennent le moins d’arômes, le plus souvent naturels, assure l’association. À l’opposé, les yaourts au lait d’origine animale sont ceux qui en ont le plus, près de 9 sur 10. La famille des desserts lactés compte le plus d’arômes sans précision de leur origine naturelle ou non. »

Et la communication, notamment sur l’emballage peut être trompeuse. Ainsi, les yaourts et desserts qui mettent en avant au moins un fruit sur l’emballage contiennent en moyenne 8% de fruits.

Malgré des photos de fruits sur l’emballage, « dans un produit sur 10, il n’y a aucune trace de fruits », s’étonne l’association.

Des additifs dans plus de 7 produits sur 10

En revanche, les additifs sont très fréquents. 72% des produits analysés en contiennent. Principalement dans les crèmes dessert.

« Les produits étudiés ont en moyenne 2 additifs, précise CLCV. Ce sont les desserts au lait d’origine animale qui en présentent le plus et les yaourts au lait d’origine animale le moins. Il s’agit surtout d’épaississants et de gélifiants car ils apportent la consistance souhaitée : onctueuse, crémeuse, compacte. »

Et si globalement, l’utilisation d’additifs baisse dans l’industrie agroalimentaire, les produits laitiers y ont encore massivement recours.

« Selon une étude de l’observatoire de la qualité de l’alimentation publiée en novembre 2019, l’utilisation d’additifs est en baisse depuis les années 2010, toutes catégories de produits confondues, reconnaît l’association de consommateurs. Pour les produits laitiers frais, la baisse n’est pas spectaculaire. Selon les données disponibles entre 2008 et 2011, en 2011, 34% d’entre-deux contenaient des carraghénanes contre 35% en 2008, 48% des amidons modifiés contre 50% en 2008 ; 9% de la pectine contre 11% en 2008, 8% de la lécithine (contre 9%), 5% de l’aspartame (contre 8%) et 6% de l’acésulfame K (contre 6%). En revanche, l’utilisation du sorbitol, un édulcorant, a augmenté concernant maintenant 2% des produits (contre 0.4% en 2008). »

Des additifs étonnament présents aussi dans les produits bio. Ils sont cependant moins nombreux (0,3 en moyenne contre 2 pour les conventionnels).

« Selon la réglementation bio, les produits bio ne contiennent pas de colorants, d’arômes chimiques de synthèse, ni exhausteurs de goût. Mais une cinquantaine d’additifs restent autorisés (contre plus de 300 pour les produits non bio), précise CLCV. Il s’agit principalement de gélifiants et d’épaississants autorisés en bio : carraghénanes, agar-agar, farine de graines de caroube et pectines. »

Si ces additifs ont mauvaise presse, les effets à long terme de la consommation de ce type de produits restent peu connus.

« Il n’y a pas de raison de s’inquiéter parce que vous consommez occasionnellement un produit contenant un édulcorant ou un colorant de synthèse, indique le rapport. Il vaut mieux privilégier une alimentation à base de produits peu transformés afin d’éviter les multiples additifs ou arômes. »

Frédéric Bianchi



Source [ BFMTV ]