Les statistiques dévoilées ce mardi par le ministère de la Santé dans son point hebdomadaire montrent une montée en puissance de la campagne de rappel du vaccin anti-Covid à destination des publics les plus âgés ou fragiles, tandis que les primo-injections plafonnent nettement.

La campagne d’injections des doses de rappel du vaccin anti-Covid-19 a été lancée le 1er septembre dernier à destination des plus de 65 ans et des plus vulnérables, c’est-à-dire les Français souffrant de comorbidités. Une inoculation supplémentaire communément souvent qualifiée de « troisième dose ».

Deux semaines plus tard, cette campagne s’est intensifiée, s’invitant dans les Ehpad et les Unités de soins longues durées (USLD). Ce nouveau volet de la lutte contre le virus, destiné à raviver la protection – potentiellement émoussée par le temps, les variants et une résistance physique moindre – de patients âgés ou fragiles, a de plus bénéficié lundi d’une publicité particulièrement spectaculaire à l’internationale: le président des Etats-Unis, Joe Biden, a ainsi prêté son épaule à une troisième seringue devant les caméras.

Mais le point hebdomadaire dressé mardi par le ministère de la Santé permet de fournir de précieux éclairages concernant la France. Une tendance de fond se dégage: la campagne de rappel est sur le point de surpasser celle des primo-injections. Selon le journaliste du Parisien, Nicolas Berrod, ce débordement est même déjà effectif, a-t-il affirmé, dégainant un graphique à l’appui ce mardi sur Twitter. Selon les données de Santé Publique France qu’il cite, les deux courbes se sont croisées le 25 septembre dernier: en France désormais, le nombre de doses de rappel vaccinal injectées sont plus importantes que le nombre de primo-injections.

896.000 doses de rappel injectées

Ainsi, depuis le 1er septembre, on a injecté 896.000 doses de rappel en France, d’après les éléments de la rue de Ségur. Sur les 1,2 millions de vaccins administrés au cours de la semaine écoulée, ce nouveau round de vaccination pèse pour 300.000… Soit un nombre égal à celui des primo-vaccinations qui pendant ce temps poursuivent leur lent essoufflement.

Dans le détail, ces 896.000 doses de rappel équivalent à une couverture de 37% des individus éligibles. 158.000 ont eu lieu en Ehpad et USLD, 149.000 dans les cabinets des médecins de villes et 587.000 dans les centres de vaccination.

Les facteurs du croisement des courbes

Comment expliquer ce croisement des courbes des « troisièmes » et premières doses? Bien sûr, il convient de garder à l’esprit qu’on parle de niveaux bien différents. Car en face des 896.000 doses de rappels, se dressent 50,4 millions de primovaccinés (les chiffres ont été arrêtés à la date de lundi) dont 48,3 millions de schémas vaccinaux complets.

Le ministère de la Santé estime en conséquence qu’il ne reste que 7,9 millions de non-vaccinés en France. Et parmi eux, un bon nombre de jeunes (1,5 million de 12-17 ans) dont l’éligibilité à la vaccination n’a été actée qu’à partir du 15 juin.

L’isolement de certains publics constitue une autre piste pour expliquer le croisement des deux courbes. On déplore ainsi que seuls 86% des plus de 80 ans soient, pour l’heure, vaccinés et 80% des personnes de plus de 65 ans. Enfin, ce contingent concentre les segments les plus rétifs à la vaccination. Il apparaît notamment qu’1,9 million des 18-34 ans figurent au sein de ces presque 8 millions de non-vaccinés.

Robin Verner avec Margaux de Frouville



Source [ BFMTV ]