Des salariés d’Air France autour d’un Airbus A220 dans un hangar de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, à Roissy (Val-d’Oise), le 29 septembre 2021.

Après les constructeurs aéronautiques, Airbus et Boeing, c’est maintenant au tour des compagnies aériennes d’acter la reprise de l’activité. Air France a signifié son grand retour aux affaires avec l’entrée dans sa flotte, mercredi 29 septembre, du premier exemplaire de celui qu’elle appelle déjà son « nouveau fleuron », le moyen-courrier Airbus A220. Ce nouvel appareil est en fait l’ex-CSeries de l’avionneur québécois Bombardier dont le programme a été racheté par Airbus et rebaptisé A220 pour constituer l’entrée de gamme du constructeur européen.

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Pour le coup, Air France n’a pas lésiné. La compagnie en a commandé 120, dont soixante fermes, l’autre moitié en option. « Il s’agit de la plus importante commande de l’histoire d’Air France », a rappelé Benjamin Smith, le directeur général d’Air France-KLM, avant de dévoiler le premier avion habillé aux couleurs de la compagnie. Un contrat, conclu avant la pandémie de Covid-19, évalué à 5 milliards d’euros.

Cet A220 va à lui seul remplacer les monocouloirs d’ancienne génération, A318, A319 et même certains A320. « Il va nous permettre de commencer le renouvellement et la rationalisation de notre flotte », indique le dirigeant du groupe. Un impératif pour la compagnie, car l’âge moyen des appareils de la flotte est de 16 ans ; très loin des standards des transporteurs à bas coûts, comme Ryanair ou Wizz Air, les plus rentables, qui ne conservent leurs avions qu’environ cinq ans afin de s’éviter des opérations coûteuses de maintenance.

Beaucoup d’atouts

Le nouvel avion possède beaucoup d’atouts pour participer à la relance post-crise de la compagnie. Il est 20 % moins gourmand en carburant que ses devanciers, et émet, ainsi, 20 % de CO2 en moins. Un élément qui a beaucoup compté dans le choix d’Air France.

L’Etat, qui a soutenu la compagnie à coups de milliards d’euros (et montant à 30 % de son capital) pendant la crise, avait notamment mis comme condition à son aide financière la prise en compte de la préservation de l’environnement. L’appareil est également 30 % plus silencieux que ses concurrents.

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Avec l’exploitation de son A220, la direction d’Air France compte faire baisser son coût unitaire, l’indice numéro un de la bonne santé d’une compagnie, de 10 %. Surtout, avec ses 148 sièges, il est beaucoup plus facile à remplir et donc à rentabiliser que les Airbus de la famille A320, capables de transporter 178 passagers.

L’entrée en force du nouvel arrivant va obliger l’entreprise à former des bataillons de pilotes. Pas moins de 700, dont un tiers de femmes, rien que pour les soixante premiers exemplaires qui seront livrés. Installé sur le réseau court et moyen-courrier d’Air France, l’A220 va desservir Berlin, Madrid, Venise ou encore Milan dans un premier temps.

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Source [ Le monde ]