ANALYSE – Le jeune (22 ans) portier italien n’a pas manqué ses grands débuts en Ligue des champions, mardi, face à Manchester City (2-0).

Un milieu souverain, la «MNM» décisive, Marquinhos en chef de la défense… Certes, le PSG a parfois souffert mardi soir, contre Manchester City. Mais la victoire n’est pas volée (2-0) et les motifs de satisfaction sont nombreux pour Mauricio Pochettino et son staff. Gianluigi Donnarumma en est un à lui tout seul. S’il a débarqué à Paris nanti d’une solide expérience en club avec l’AC Milan (251 matches) et un statut de titulaire en équipe d’Italie (36 sélections), avec un sacre à l’Euro 2020 et un titre de meilleur joueur du tournoi en prime, le grand échalas de 22 ans n’avait encore jamais joué en Ligue des champions avant mardi soir. Lors de la première journée, c’est Keylor Navas qui gardait les cages parisiennes. Et le portier costaricien, brillant depuis son arrivée dans la capitale, il y a deux ans, en avait profité pour rappeler à tous qu’il est encore l’un des meilleurs spécialistes du poste, à 34 ans. Homme «pressé» selon son propre aveu, «Gigio», 22 ans, a néanmoins démontré, face aux Skyblues, que le talent n’attend pas le nombre des années.

Globalement rassurant dans ses prises de balle, serein sur sa ligne et même autoritaire dans les airs, ce qui n’est pas forcément son point fort au départ, Donnarumma a écœuré les attaquants de City lors de ce choc de la deuxième journée de phase de poules. Sept arrêts, trois dégagements au poing, un centre capté. Une prestation de tout premier ordre pour le gardien néophyte en C1. Malgré son jeune âge et son inexpérience à ce stade de la compétition, Pochettino n’a pas hésité à lui faire confiance. Il n’a pas dû être déçu du résultat.

Les dieux du football avec lui

Face à un adversaire de ce calibre et en sachant que ses faits et gestes seraient épiés par la planète entière, et notamment son rival Navas, Gianluigi Donnarumma aurait pourtant pu se montrer impressionné, fébrile. C’est tout l’inverse qui s’est produit dans ce Parc des Princes en fusion. En plus, les dieux du football étaient de son côté, avec cette double barre transversale à la 26e minute. D’abord la tête de Raheem Sterling depuis les six mètres, puis ce raté absolument incroyable de Bernardo Silva, à un mètre du but. La baraka.

Ces dernières années, le PSG a déjà tenté de faire cohabiter deux gardiens titulaires potentiels. Force est de constater que cela n’a pas fonctionné. Leonardo a tout de même tenté le coup, bousculant une hiérarchie bien établie et un attelage qui tournait parfaitement, avec Navas et Sergio Rico. Le directeur sportif brésilien n’a pas voulu laisser passer l’occasion Donnarumma, libre cet été. Et ce malgré la prolongation de Navas jusqu’en 2024 il y a quelques semaines. Un choix pour l’avenir. Et aussi pour le présent. «Je suis venu ici pour jouer. Je vais donner le meilleur de moi-même pour être titulaire», disait encore Donnarumma dans cette interview à C+. Et d’ajouter : «La concurrence ne me fait pas peur. Keylor est un gardien exceptionnel mais je suis ici pour jouer. La concurrence sera positive pour les deux, elle me permettra de grandir. Il y a toujours de la concurrence dans les grandes équipes. C’est une personne exceptionnelle, on est ami, il n’y aura pas de souci.»

Pas de hiérarchie établie

Sauf pour Mauricio Pochettino, qui se retrouvera avec un choix cornélien à chaque match : Navas ou Donnarumma, Donnarumma ou Navas ? «Je déciderai avant chaque match», se borne-t-il à répéter chaque fois que la question de la hiérarchie des gardiens lui est posée en conférence de presse. Et nos confrères italiens ne manquent pas l’occasion de la lui poser régulièrement… Une chose est sûre : aucun autre club au monde ne peut s’appuyer sur deux portiers de ce calibre. Certains seraient déjà bien contents de n’en avoir qu’un des deux… À voir si cette alternance peut perdurer tout au long de la saison sans que l’un des deux n’en prenne ombrage et que leurs performances en pâtissent. En attendant, Donnarumma a démontré mardi soir, face aux vice-champions d’Europe, qu’il n’est pas seulement un gardien d’avenir. Déjà tout d’un grand.



Source [ Le figaro ]