Louis Bachoud, ingénieur, architecte et écrivain, nous propose en deux tomes une réflexion sur le vieillissement. Dans le premier tome, Le vieil âge, l’histoire de Charles évoque les interrogations et les doutes de cet octogénaire amoureux de la vie mais dont le regard des autres lui renvoie son âge, manifeste par les transformations dans sa chair et son esprit. Vieillir n’a jamais eu bonne réputation et Charles, dépassé par ce monde qui file sans lui, constate : « je ne suis pas vieux, je suis d’un autre temps ». Devenu invisible et inaudible, il s’éteint dans la plus grande solitude. Aurait-on honte dans notre société de prendre de l’âge ? Il semble que oui. Face au jeunisme triomphant, les personnes âgées ne sont pas des plus valorisées. Et la longévité aidant, les retraités eux-mêmes portent un jugement négatif sur la vieillesse dans laquelle ils ne veulent pas se reconnaître : d’ailleurs ne sont-ils pas rebaptisés pudiquement « séniors » ? Le second tome, L’homme banian, met en scène un vieil homme malade qui décide de quitter le monde occidental pour rejoindre, à Madagascar, les dernières tribus de chasseurs-cueilleurs qui, contrairement à nos société dites « civilisées », ont gardé leurs traditions et parmi elles le respect voire la vénération des anciens, qui assument d’autant plus leur vieillesse qu’ils sont choyés, écoutés, considérés comme des « sages » garant d’une mémoire ancestrale et dont la maturité est un couronnement. Auprès du banian, l’arbre sacré, symbole d’immortalité, le vieil homme trouvera la sérénité nécessaire pour continuer à apprécier la beauté du monde et mourir dignement. Les deux livres de Louis Bachoud dressent un constat lucide sur le vieil âge tant sur le plan biologique que culturel, car il dépend de la considération que la société a pour ses aînés et de la place qu’elle leur accorde. À méditer.

Louis Bachoud, Axiomes du grand âge. Tome 1 : le Vieil âge (165 p.), suivi du Tome 2 : l’homme Banian (121 p.). Éditions Valensin, 23 € chaque volume.



Source [ Politiquemagazine ]