Les camions roulant au GNL sont-ils aussi verts que ce que les constructeurs l’affirment? Non selon une nouvelle étude dévoilée par l’ONG Transport et Environnement. Des résultats en contradiction avec les études menées par plusieurs acteurs du secteur des poids lourds

Les camions roulant au gaz naturel liquéfié (GNL) sont-ils aussi nocifs pour l’environnement que les camions classiques? Ces camions émettraient 13,4 % de gaz à effet de serre de plus qu’un modèle diesel, souligne une nouvelle étude dévoilée cette semaine par Transport et Environnement, l’ONG à l’origine du Dieselgate.

Dans le détail, l’étude compare les polluants émis par deux modèles de camion, le camion au GNL S-Way d’Iveco et le Stralis du même constructeur, qui roule au diesel, su une période de 20 ans.

Ces camions rejetteraient également plus de particules ultra-fines, affirme la porte-parole de transport et environnement.

« Ce que montre notre rapport, c’est que les camions à gaz émettent beaucoup plus de polluants atmosphériques que ce qui est annoncé par les constructeurs, explique Diane Strauss, porte-parole de Transport & Environnement. Et c’est une motorisation particulièrement toxique en ville. Notamment parce que les camions s’arrêtent et redémarrent. Il y a énormément d’émissions de ces particules ultrafines très toxiques pour l’humain. Le gaz n’est pas une solution pour le climat. »

"Le camion au GNL est également pire en ce qui a trait aux émissions de particules cancérigènes, en conduite citadine et rurale. Lors des essais, il émettait 37 fois plus de particules ultrafines (PUF) – qui pénètrent en profondeur dans l’organisme et sont liées à des tumeurs au cerveau – que le diesel", affirme l'ONG Transport & Environment
« Le camion au GNL est également pire en ce qui a trait aux émissions de particules cancérigènes, en conduite citadine et rurale. Lors des essais, il émettait 37 fois plus de particules ultrafines (PUF) – qui pénètrent en profondeur dans l’organisme et sont liées à des tumeurs au cerveau – que le diesel », affirme l’ONG Transport & Environment © T&E

Les transporteurs nuancent ce bilan

Au contraire de ces affirmations sur ce bilan pollution peu glorieux des camions roulant au GNL, le secteur des poids lourds a mené plusieurs études concluant que cette motorisaiton se révélerait moins polluante, en particulier sur les longs trajets sur autoroute.

Pour la fédération nationale des transports routiers qui prône un mix énergétique, le GNL présente pourtant bien de réels avantages:

« L’utilisation de gaz va avoir un impact sur les réductions d’oxyde d’azote puisque ca permet de réduire de moitié les oxydes d’azote par rapport à un véhicule diesel de même génération. Il y a quelques points qu’il faut rappeler, c’est que le gaz ca n’a pas d’odeur, ca n’a pas de fumée, c’est deux fois moins bruyant et ces véhicules-là sont éligibles à la vignette Crit’Air 1 », explique Erwan Celerier, délégué aux affaires techniques à l’environnement et à l’innovation à la fédération nationale des transports routiers

En 2019, face à une première étude de Transport et Environnement qui remettait en cause les camions roulant au gaz naturel, l’association française du gaz naturel pour véhicules (AFGNV) avait mis en avant des émissions d’oxyde d’azote (NOx) réduites de 66% par rapport à un camion diesel en usage réel. Un bilan encore plus favorable sur les trajets autoroutiers: avec des émissions de Nox divisées par deux et entre 8 et 20% de CO2 en moins à l’échappement.

L’ONG veut la fin du soutien au GNV

On dénombre aujourd’hui 6500 camions GNL aujourd’hui en France, un chiffre multiplié par plus de 2,5 depuis 2014.

Face à cette expansion, l’ONG Transport et Environnement demande que le gouvernement français mette fin aux mesures d’incitation pour acheter des camions GNL et soutienne uniquement les poids lourds électriques sur batterie. « L’organisation demande que les stations de remplissage au gaz naturel soient exclues des objectifs européens d’infrastructure de distribution de carburant », ajoute également l’ONG dans son communiqué.

Virgine Cooke, avec Julien Bonnet



Source [ BFMTV ]