Démontrer que l’on peut mieux faire que ce que la législation exigera à partir du 1er janvier prochain. Si, en 2022, les distributeurs de carburant aérien devront inclure 1% de carburant durable – aussi appelé SAF pour Sustainable aviation fuel -, le vol Air-France, opéré vendredi au départ de l’Aéroport Nice Côte d’Azur, a voulu démontrer que la technologie et l’innovation pouvaient servir la cause durable, en incorporant 30% de SAF.

C’est TotalEnergies qui a produit ce carburant vert, à partir des déchets et de résidus – précisément d’huiles de cuisson usagées – issus de ces usines de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, et de Oudalle en Seine-Maritime. Ce SAF « Made in France » a été certifié ISCC-EU par l’International Sustainability & Carbon Certification, organisme indépendant qui en garantit la durabilité. Le tout ayant permis d’éviter l’émission de 3 tonnes de CO2.

Un Nice-Paris un peu particulier donc, qui est intervenu en conclusion du Transition Forum, forum économique qui s’est tenu le 30 septembre et le 1er octobre à Nice, co-organisé par La Tribune, l’association Transition Forum et la Métropole Nice Côte d’Azur.

Vol Nice Paris SAF

Poursuivre la R&D des carburants verts

Surtout un vol un peu particulier qui vise à montrer que la transition écologique dans le secteur aérien ne peut se faire qu’avec une entente et une coopération de tous les acteurs de la chaîne. Un propos martelé par Franck Goldnadel, le président du directoire des Aéroports de la Côte d’Azur – pour rappel le groupe aéroportuaire est le premier groupe français à obtenir l’Airport Carbon Accreditation niveau 4+. Un discours porté également par Anne Rigail, la directrice générale d’Air-France. Entre 2014 et 2016, de nombreuses expérimentations ont été menées pour certifier ces carburants durables, et la plateforme azuréenne en a bénéficié. Anne Rigail qui, lors du Transition Forum, a répété que le carburant durable était l’une « des premières priorités » et qu’il fallait « pousser la R&D pour utiliser ces carburants durables le plus tôt possible ».

Pour TotalEnergies, c’est aussi la preuve de sa propre transition, le groupe ayant changé de nom pour signifier cette stratégie. Le site de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, est d’ailleurs l’un des sites qui s’est réorienté. Il accueille notamment le projet Masshylia, l’un des plus grands projets français en matière d’hydrogène vert.