La majorité organisait ce week-end ses Universités d’été à Avignon. Ce dimanche, de Jean Castex à François Bayrou, ses principales figures se sont succédé à la tribune. Si Emmanuel Macron n’a pas officiellement annoncé qu’il concourrait à sa réélection, ses lieutenants ont commencé à lui préparer le terrain pour la campagne de 2022.

Il revenait au Premier ministre de clore, ce dimanche en début d’après-midi, les Universités d’été de la majorité à Avignon. En une phrase, il a ciselé la rhétorique de sa famille politique en vue de la campagne présidentielle de 2022:

« Nous croyons en la France, pas à son déclin. »

C’est indéniable: ce week-end dans le Vaucluse dépassait de beaucoup la simple rentrée politique pour les militants et cadres de LaREM et ses alliés. Il s’agissait de poser les premiers jalons vers la campagne présidentielle de 2022. Et de fourbir armes rhétoriques et éléments de langage pour servir la cause d’un président de la République, Emmanuel Macron, dont l’intention de prétendre à sa réélection est encore tue mais ne fait pratiquement aucun doute.

Jean Castex veut en « revenir au terrain »

Jean Castex n’en a pas fait mystère, en évoquant très directement l’équipée électorale à venir. Il a ainsi appelé ses troupes à « revenir sur le terrain » pour « dire aux Français ce que nous faisons ». Le chef du gouvernement a souligné la nécessité de « démontrer aux Français qu’on s’occupe d’eux ».

« Nous gérons le présent, nous préparons l’avenir », a-t-il encore lancé, rejetant l’idée de « jouer sur les peurs ».

Car tel est la dichotomie qu’entend visiblement installer La République en marche d’ici au scrutin. Au moment de défiler devant le micro et de motiver la base, tous ont creusé ce sillon: à une droite trop conservatrice, à une extrême droite bicéphale, divisée entre Marine Le Pen et Éric Zemmour, et passéiste, s’opposeraient le bilan de l’exécutif et l’optimisme de la majorité qui le soutient.

« Nous préférerons toujours le général au maréchal »

C’est en tout cas le tableau dépeint plus tôt par le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand: « Certains prétendent aimer la France comme une relique. Nous aimons la France pour son présent, son avenir sa vitalité ». « Nous préférerons toujours le général au maréchal! » s’est-il même exclamé, dans une référence transparente aux déclarations récentes (et récurrentes) d’Eric Zemmour quant à la prétendue protection que Vichy aurait fournie aux juifs français sous l’Occupation.

François Bayrou, patron du MoDem, cheville ouvrière de la victoire d’Emmanuel Macron en 2017, est allé jusqu’à évoquer ceux qui « veulent remuer des mouvements profonds », rappelant « ce qu’on disait dans les années 1930, en ciblant une catégorie de Français ».

Le temps des grandes manœuvres

Stanislas Guérini, délégué général de LaREM, a lui aussi ferraillé contre les « déclinistes ». « Les déclinistes veulent une France sans immigration, sans progrès », a-t-il déploré, quelques jours après que Marine Le Pen a présenté son projet de loi « Citoyenneté, Identité et Immigration », articulé autour d’un référendum, et centre névralgique de son programme présidentiel.

La veille, au même endroit, Olivier Véran, avait intimé: « Nous ne devons sous aucun prétexte laisser le pays entre les mains des aventuriers. » Et le ministre de la Santé de distribuer les coups équitablement en direction des différentes familles de l’opposition. Pas de doute: la majorité a décidé de prendre l’offensive et de passer, déjà, aux grandes manœuvres.

Robin Verner avec Julia Van Aelst



Source [BFMTV]