La « ville du quart d’heure » doit permettre de vivre en minimisant ses déplacements. Des employés municipaux utilisent des pochoirs pour marquer une ligne de circulation cycliste sur une route à Saint-Malo (Bretagne), le 11 mai 2020.

Aziza Akhmouch

« La ville de demain doit garantir le bien-être à tous ses habitants et faire de la lutte contre les inégalités une priorité absolue »

Tribune. La crise sanitaire a testé la résilience des villes face aux chocs en tout genre. Une ville doit être avant tout « choisie » et non « subie » à l’aune des grandes transformations de nos sociétés que sont le dérèglement climatique, la mondialisation et le mécontentement qu’elle suscite, les pressions démographiques et la révolution numérique. Une ville résiliente est connectée à ses alentours, immédiats ou plus éloignés, où l’on s’installe parce qu’on y a une meilleure qualité de vie et pas uniquement parce qu’on doit y travailler.

Sur le plan social, plus une ville est grande, plus elle est source d’inégalités et de ségrégation spatiale

Les villes sont les principaux moteurs de la croissance et de la productivité, raison pour laquelle la population urbaine a plus que doublé dans le monde au cours des quarante dernières années, passant de 1,5 milliard d’habitants en 1975 à près de 3,5 milliards en 2015, avec une projection à 5 milliards en 2050. Mais elles ont aussi leur lot de problèmes. Sur le plan social, plus une ville est grande, plus elle est source d’inégalités et de ségrégation spatiale. Par exemple, il peut y avoir un écart de vingt ans d’espérance de vie entre les habitants de Londres ou de Baltimore en fonction du code postal ou de la station de métro. Sur le plan environnemental, les villes émettent 80 % des gaz à effet de serre, consomment les deux tiers de l’énergie et produisent 50 % des déchets. Il faut ajouter à ces coûts de l’agglomération les embouteillages, l’insécurité et la flambée des prix de l’immobilier.

La ville de demain doit donc garantir le bien-être à tous ses habitants – indépendamment de leur sexe, âge, origine ethnique ou état de santé – et faire de la lutte contre les inégalités une priorité absolue pour contenir les fractures sociale et territoriale déjà largement insupportables dans un pays comme la France, qui compte plus de 10 millions de pauvres.

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Repenser la ville de demain, c’est répondre à des questions très concrètes pour changer la manière dont on y vit : que vont devenir nos grandes métropoles denses à l’ère du télétravail et comment répondre aux besoins croissants des citadins en quête de nature et de calme ? Par où je passe à vélo ou à pied pour aller à mon travail ou au restaurant quand les transports en commun sont bondés et que la voiture individuelle est décriée ? Comment changer mes habitudes de consommation, et mes habitudes tout court, pour minimiser mon impact environnemental ?

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Source [ Le monde ]