De «Stalincrack», ils n’en peuvent plus. Pour la première fois, une quinzaine de collectifs anti-crack ont manifesté, ce samedi 2 octobre place de Stalingrad à Paris, pour protester contre la présence de toxicomanes dans les rues de la ville, et plus particulièrement au nord-est de la capitale.

Comme convenu, le rassemblement s’est tenu à 14h à l’appel de plusieurs organisations, comme StopCrackEole, Collectif 19, Paris AntiCrack ou encore Renaissance des jardins d’Eole. Et une nouvelle fois, l’objectif était clairement défini : «protester contre les nuisances liées au crack et à d’autres drogues dures (…) générant insécurité, violence, insalubrité, manque de tranquillité, etc», comme l’avait expliqué en amont un communiqué commun relayé sur Facebook. 

Les riverains ont ainsi continué de formuler des revendications très précises. Parmi elles : la fermeture des salles de consommation «encadrée», qui selon eux «entraîneront ou multiplieront les nuisances et le deal». La maire de Paris Anne Hidalgo a en effet prévu d’ouvrir dans le secteur quatre nouvelles «salles de shoot» dans les prochaines semaines, en plus de celle qui existe depuis 2016 rue Ambroise-Paré (10ème arrondissement). Selon les riverains, cette salle «n’a enregistré aucune sortie de l’addiction et a accru les nuisances liées au deal». 

Les collectifs réclament plutôt «une prise en charge sanitaire digne et des soins appropriés pour les toxicomanes, à l’écart des lieux habités». Ils exigent également que la loi interdise la création de «salles de shoot» à proximité des écoles ou habitations. 

Via cette manifestation, ils ont espérer mettre fin à ce qu’ils considèrent comme étant un «abandon de leurs quartiers par les pouvoirs publics». Le 29 septembre déjà, ils s’étaient rassemblés à proximité de Porte de la Villette (19ème arrondissement), où ont été déplacés les consommateurs de crack. 

Le ministère de la Santé Olivier Véran a annoncé que l'Etat allait financer l'ouverture de lieux d'accueil pour les toxicomanes.

Un mur a même été érigé en catastrophe pour empêcher les toxicomanes de se rendre dans les communes limitrophes de Pantin et Aubervilliers. Déplacés dans les jardins d’Eole (18ème arrondissement) puis à Porte de la Villette, les consommateurs attendent depuis d’être pris en charge et les habitants s’impatientent. La municipalité a quant à elle fait savoir qu’il «n’y avait pas de solution miracle». 



Source [ Cnews ]