Lionel Gougelot et Axel May, édité par Clément Perruche

Il n’avait pas eu lieu depuis deux ans à cause de la pandémie. Le Paris-Roubaix est de retour ce week-end. Après la toute première édition féminine remportée samedi par la Britannique Elizabeth Deignan, c’est au tour des hommes de fouler les célèbres pavés de « l’enfer du Nord ». Malgré les conditions climatiques qui s’annoncent apocalyptiques, avec beaucoup de pluies attendues, depuis plusieurs jours, des fans se sont installés au bord de la route pour être aux premières loges de la reine des classiques.

« Notre passion, c’est le vélo »

Sur l’aire de stationnement à l’entrée du secteur 8, les pavés du Moulin de Vertain, c’est l’heure de l’apéro au milieu des camping-cars. Certains supporters belges sont là depuis cinq jours. « On vient chaque ici. C’est déjà la cinquième ou sixième fois. On vient ici pour le spectacle », affirme un supporter belge. Sur les bords de la route, l’ambiance est à la bonne franquette. Certains sont installés depuis cinq jours. La passion du Paris-Roubaix méritait bien ça. « On aime le vélo ou on ne l’aime pas » explique une supportrice. « Notre passion, c’est le vélo donc ça ne nous gêne pas d’attendre cinq jours pour voir passer la course », abonde un autre fan.

Dans ces derniers kilomètres, ils seront au plus près des coureurs et ont la garantie d’être aux premières loges. « On respecte beaucoup les cyclistes, ils font beaucoup d’efforts ». Avec son VTT, Claudine a testé les pavés. Cela n’a fait que renforcer son admiration pour les forçats de la route. « Ça secoue les bras, les jambes. Je ne sais pas comment ils font. C’est l’horreur. En plus avec le mauvais temps, comment est-ce qu’ils vont faire ? »

« Ça va être un Paris-Roubaix de légende »

Justement, les coureurs vont s’élancer ce dimanche à 11 heures de Compiègne déjà sous des conditions difficiles. Les reconnaissances des pavés avaient alerté les cyclistes professionnels cette semaine. Ce Paris-Roubaix version automnale va être humide et glissant. Le Français Damien Touzé, coureur pour l’équipe d’AG2R-Citroën, redoute cette 118e édition de l’épreuve mythique. « Il n’y a pas grand monde qui connaît les pavés mouillés, donc c’est une interrogation pour beaucoup de coureurs du peloton. On a tous un peu peur d’arriver sur les pavés », avoue le cycliste tricolore.

La course promet d’être différente des dernières éditions, qui se déroulaient traditionnellement au printemps. « D’habitude, dans beaucoup de secteurs, on peut rouler sur les bas-côtés. Là, cela devient un peu plus compliqué vu que l’herbe est plus haute », explique le coureur. Le directeur sportif de l’équipe nordiste Cofidis Alain Deleuil prédit une course dantesque : « Ça va être compliqué, dangereux. Il risque de ne pas y avoir beaucoup de coureurs à l’arrivée. Ça va être un Paris-Roubaix de légende ». Cette épreuve, monument du cyclisme mondial, devrait porter on ne peut mieux son surnom « d’enfer du Nord ».



Source [ Europe 1 ]