CONTRE-POINT – Aurait-il fait un bon candidat à la présidentielle? Aurait-il lui aussi su déclencher un phénomène réussissant à chahuter les positions établies? Lucidité ou prudence, il n’a jamais été jusque-là.

Il les séduisait, il les déroutait, il les énervait, il les perturbait. Bernard Tapie a toujours eu un rapport complexe avec les politiques. Fait d’un mélange de fascination et de répulsion. Lui-même a eu un rapport compliqué avec la politique. Il feignait de la mépriser, mais rêvait d’y réussir ; ne serait-ce que pour faire un pied de nez à tous ceux qui ne le jugeaient pas de leur monde.

Il est vrai que l’homme d’affaires devenu aux yeux de beaucoup l’homme des affaires est entré sur ce terrain par effraction. Par le bon plaisir d’un François Mitterrand jubilant à l’idée de faire entrer celui pour qui l’argent n’était ni un gros mot ni un tabou dans le gouvernement d’un Pierre Bérégovoy, simple gazier arrivé au sommet par le sentier endurant du travail et du militantisme. Ou, deux ans plus tard, servant au vieux président socialiste de torpille contre les prétentions de succession de son rival Michel Rocard.

Tapie fut d’abord cet homme de gauche que la gauche ne tenait pas pour un des siens.

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Source [ Le figaro ]