« Nous ne vendrons jamais Auchan », ont affirmé ce week-end, dans La Voix du Nord, le fondateur du groupe, Gérard Mulliez, et Barthélémy Guislain, le président de l’Association familiale Mulliez (AFM), propriétaire d’Auchan, en réponse à un article du Monde évoquant des discussions sur un éventuel rapprochement avec Carrefour.

« Nous pouvons discuter d’alliances ou de partenariats, nous l’avons toujours fait, mais une chose est certaine : nous ne vendrons jamais Auchan ! », a ainsi assuré Barthélémy Guislain dans le quotidien. Selon Le Monde, des discussions auraient été initiées au printemps dernier entre Auchan et Carrefour, deux poids lourds de la grande distribution en France.

Toutefois, les démentis de Gérrad Mulliez et de Barthélémy Guislain ne ferment pas vraiment la porte à des négociations entre les deux groupes. En clair, pas de vente mais une ouverture à des partenariats. « Nous pensons que le futur se construit par les échanges, l’ouverture aux autres et potentiellement par des partenariats portés par nos entreprises autonomes », a souligné le dirigeant de l’AFM, une galaxie réunissant plusieurs centaines d’héritiers, à la tête des enseignes du groupe, comme Auchan, Boulanger, Leroy Merlin ou Decathlon.

Ouvert à des partenariats

L’idée d’une fusion entre les deux groupes serait de toute façon très compliquée à mettre en œuvre, des raisons des nombreux doublons existants entre Carrefour et Auchan en France. Pas évident de présenter un tel dossier aux autorités de la concurrence, ni même aux pouvoirs publics qui risqueraient d’être échaudés par le risque de casse sociale et de pression sur les fournisseurs, notamment dans l’alimentaire.

Chacun se souvient du veto définitif de Bercy au projet de rapprochement, en début d’année, entre Carrefour et le groupe canadien Couche-Tard au nom « de la souveraineté alimentaire ». Un veto qui avait d’ailleurs stupéfié les milieux d’affaires en France. De plus, le cours de Bourse au plus bas de Carrefour et les difficultés rencontrées par des fusions passées (Lafarge ou Essilor) pouvait rendre le sujet difficile à vendre aux actionnaires.

En revanche, des partenariats sont toujours possibles, dans la logistique ou la gestion des données, par exemple. C’est moins sexy qu’une fusion, surtout pour Carrefour qui cherche dans la croissance externe une voie de secours au piétinement de son modèle, malgré le rachat de Fnac Darty.

(Avec agences).